Cabassou, la mémoire brisée
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COMMÉMORATION

Cabassou, la mémoire brisée

Kerwin ALCIDE
Le 19 avril 2000, 300 000 m3 de terre se sont détachées du mont Cabassou tuant dix personnes (photo d'archives)
Le 19 avril 2000, 300 000 m3 de terre se sont détachées du mont Cabassou tuant dix personnes (photo d'archives)

Voilà quatorze ans que l'éboulement d'une partie du mont Cabassou a fait dix morts. Le Mdes, visiblement un peu esseulé, tente d'entretenir la mémoire des victimes de la plus grande catastrophe naturelle de Guyane.

Ce 19 avril 2000, la Guyane sort doucement d'un épisode de pluies de diluviennes. Pâques est dans quatre jours, chacun prépare les festivités. Puis vers 13 h 45 ce jour-là, un pan du mont Cabassou s'écroule sur la route nationale qui passe en contrebas. Plus de 300 000 m3 de terre qui écrase tout sur son passage, y compris l'usine Cilama qui se trouve de l'autre côté de la route. « On a entendu un grand bruit, puis ce fut une coupure de courant. Tous les murs sont venus vers nous. Il y a eu un mouvement de panique. Nous avons tenté de sortir de l'usine mais une partie du bâtiment était recouverte de terre » , racontait à l'époque un salarié de la Cilama, rescapé du drame. L'entreprise y paiera un très lourd tribut : six morts, cinq blessés. La montagne a aussi emporté un employé de la DDE et un homme qui l'accompagnait, sans oublier ce père qui conduit sa famille. Au final, dix morts.
QUE RESTE-T-IL ?
La Guyane est groggy, sonnée, elle qui a été jusque-là épargnée par les grosses catastrophes naturelles. Pourtant, quatorze ans après cet incident, que reste-t-il ? Peu de choses à part une stèle installée en 2006 par le Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale (MDES) qui a attendu bien des années que les politiciens locaux occupent le terrain. Devant l'inaction, ils ont posé cette stèle. C'est d'ailleurs encore le MDES qui, demain à 14 h 30, a prévu une manifestation sur les lieux du drame. Le mouvement invite les « parents des disparus et ceux qui ont subi les conséquences de ce drame » à se souvenir. Sans exclure quiconque de cette manifestation. Pourtant, tout laisse croire que la mémoire est aujourd'hui brisée et que les dates d'anniversaire se suivent dans une indifférence presque totale. Comme des milliers de tonnes de terre à nouveau tombées sur les victimes...

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