Jeudi, le tribunal correctionnel de Cayenne a condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis et mise à l'épreuve, Budhram R., âgé de 37 ans pour faits d'agression sexuelle imposés à une mineure de moins 15 ans.
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 28 février au 1er mars 2013 à Saint-Laurent du Maroni. La veille au soir, la mère de la victime signale la disparition de sa fille. Des témoins indiquent l'avoir vu monter dans une voiture appartenant à un surnommé « Harry Potter » . En fin de nuit, la fillette rentre chez sa mère en état de choc, son corps couverts de griffures. Elle lance : « Harry Potter m'a dit « Tant que tu ne fais pas l'amour avec moi, je ne te ramène pas » » .
Lors de sa déposition face aux gendarmes, la victime explique que son agresseur l'a amenée dans un buisson, qu'il s'est mis en slip et lui a placé un couteau sous la gorge tout en lui caressant le sexe et les seins. L'auteur a été interpellé par les gendarmes.
Après presqu'un an d'instruction, l'audience s'est déroulée jeudi. Le prévenu a reconnu les faits, déclarant qu'il n'était pas amoureux de la fillette et qu'il ne savait pas ce qui c'était passé ce soir-là. « Je suis désolé, je n'ai jamais pensé à faire ça » , a-t-il lâché maladroitement.
« AUCUNE EXCUSE »
Me Virginie Fettler, l'avocate de la partie civile, a été intransigeante lors de sa plaidoirie : « Je n'arrive pas à avoir de la compréhension envers le prévenu. Ses gestes sont incompréhensifs. Les experts ont expliqué qu'en matière de sexualité, le niveau d'information de ma cliente est incomplète. Le prévenu était âgé de plus de 30 ans lors des faits. Il y a eu contrainte. » Elle ajoute : « Le prévenu n'a aucune excuse » , avant de demander 10 000 euros de dommages et intérêts pour la fillette et 5 000 pour la maman.
Dans son réquisitoire, le procureur réclame six ans de prison et trois ans de suivi social judiciaire pour des faits « intolérables » . « Il ne pouvait pas y avoir de consentement car le prévenu a dit à la victime de ne pas faire de bruit » .
Avocat de la défense, Me Emile Tshefu estime qu'il s'agit « d'un attouchement sexuel et non d'une agression. Mon client a un problème avec l'alcool. Il ne faut pas avoir une perception fantasmatique des choses. Vous devez donner un sens à votre décision car la justice n'est pas une machine à désocialiser. »
Malgré une plaidoirie de la défense de qualité, les juges ont été fermes dans leur décision. L'auteur devra dédommager la jeune victime ainsi que sa mère de 10 000 et 5 000 euros. Il est inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles.
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