Athys Latidine, le calme incarné, s'en est allé
Figure emblématique de Guyane La 1ère, le technicien est décédé dimanche 10 août à Cayenne.
Quelques mois après la perte de Jean-Paul Hippos, une nouvelle disparition vient endeuiller le monde du journalisme guyanais. Le monteur et technicien du son Athys Latidine est décédé dimanche 10 août à Cayenne, à l'âge de 75 ans. Ses obsèques se déroulent mercredi 13 août à 15 heures à la cathédrale Saint-Sauveur.
Employé pendant des décennies à RFO, devenu Guyane la 1ère, le Cayennais a marqué des générations de journalistes par son professionnalisme et son calme olympien.
Lorsque son confrère, José Blézès, intègre la maison en 1975, il est rapidement amené à travailler avec Athys Latidine qui est à l'époque technicien radio. " J'ai beaucoup apprécié travailler avec lui, parce qu'il aimait ce qu'il faisait, assure le journaliste sportif. Et comme moi, il ne comptait pas ses heures."
Décrit comme quelqu'un de très professionnel, Athys Latidine était exigeant dans son travail. Lui qui avait l'oreille musicale attendait de la part des journalistes des sons de qualité. " Mais il ne critiquait jamais, appuie José Blézès. Il t'expliquait ton erreur pour que tu ne recommences pas ensuite."
" C'est quelqu'un qui aidait beaucoup ses collègues, il ne gardait pas son savoir pour lui", poursuit le journaliste Athys Jaïr.
Les deux hommes se sont liés d'amitié rapidement, les coïncidences de la vie aidant : " On portait le même prénom et on était dans la même association, Le Sport guyanais." Homme d'une grande ouverture d'esprit, Athys Latidine était passionné de sport et de culture. Il jouait de la flûte et proposait des prestations aux côtés d'Émile Théolade et Henri Néron. Il a même pris des cours particuliers après avoir pris sa retraite.
" C'était quelqu'un de très instruit, déclare Claude Innocent. En sport surtout, il était imbattable." Le technicien radio devenu monteur pour la télévision avait un faible pour le tennis et le Tour de Guyane. "Il connaissait tous les coureurs par cœur, il avait une mémoire extraordinaire", ajoute l'ancien journaliste de Guyane La 1ère.
Claude Innocent s'appuyait sur les nombreuses connaissances de son mentor : " Il relisait tous mes textes. Et à chaque fois, il me disait, il faut être simple, il ne faut pas compliquer les choses pour que tout le monde comprenne." En évoquant ces souvenirs, Claude Innocent revoit encore son ami assis dans la salle de montage, avec son éternel chapeau.
" C'est une personnalité que tout le monde appréciait, ajoute Athys Jaïr. Quelle que soit l'agitation qu'il y avait autour de lui, peu importe les sujets qu'il fallait faire au dernier moment, vous aviez toujours en face de vous quelqu'un qui était patient, imperturbable et calme."
Ainé d'une fratrie de cinq garçons, Athys inspirait "la crainte et le respect" à ses frères. " Mais on s'amusait tout de même beaucoup avec lui", nuance Alain, le benjamin de la famille Latidine. Dans leur maison située rue du 14 juillet, à Cayenne, les garçons ont appris à s'occuper seul, leurs parents étant divorcés.
" On avait une maison à étage en bois, et on faisait la course pour savoir lequel arriverait le premier en haut, raconte Alain Latidine. Un jour, je m'en souviens très bien, on a appelé Athys pour qu'il joue avec nous, mais il nous a répondu qu'il était en train de travailler, il était au lycée. Sur le moment, on lui en a voulu parce que le petit garçon qui jouait avec nous, c'était fini."
Après avoir grandi dans une fratrie de garçons, Athys Latidine laisse derrière lui une famille composée d'une épouse et de quatre filles.
Ses obsèques se déroulent mercredi 13 août à Cayenne. À partir de 10 heures, il sera possible de lui rendre hommage à l'espace funéraire Saint-Antoine. La cérémonie est prévue à 14 h 30 à la cathédrale Saint-Sauveur de Cayenne. Athys Latidine sera enterré au cimetière de l'avenue d'Estrées.
La rédaction de France Guyane adresse ses plus sincères condoléances à ses proches.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters