Vendredi dernier, le tribunal de commerce de Cayenne s'est penché sur le dossier après avoir été saisi par le parquet. Après une heure et demie d'audience à huis clos, la décision avait été mise en délibéré jusqu'à aujourd'hui. Ce sera finalement vendredi que l'on devrait en savoir plus sur l'avenir de la télé locale créée et dirigée par Jean-Paul Le Pelletier. Rappelons que le tribunal doit se prononcer sur un éventuel placement en redressement judiciaire de l'entreprise. Parquet lui-même saisi par une partie des salariés et des actionnaires. Les premiers dénoncent des retards récurrents dans le paiement des salaires, les seconds déplorent une mauvaise gestion financière de l'entreprise.
Pour le dirigeant de la chaîne, il serait plutôt urgent d'attendre : « J'ai proposé au président que la décision soit reportée après l'assemblée générale des actionnaires, le 22 avril, pour apprécier les offres dont nous avons connaissance. Il y a celle que l'on connaît et celle que nous avons découverte au tribunal. » L'offre connue est celle d'UMC, pour UltraMarine Communication, qui avait déposé un dossier au CSA en 2011 sous le nom de Toucan Télévision. Le conseil supérieur de l'audiovisuel lui avait alors préféré le projet ATG.
POURSUIVRE L'AVENTURE
La seconde offre est proposée par des actionnaires actuels. Les deux projets sont portés par des Guyanais et dans les deux cas, le patron de la CCIG quitterait vraisemblablement la tête de la chaîne. Mais lui-même a déjà fait connaître sa préférence pour le premier projet.
Durant l'audience, soutiens et opposant à Le Pelletier ont d'ailleurs dû patienter côte à côte, se contentant de scruter le déroulement des débats à travers un double vitrage. À l'intérieur, le dirigeant se défendait à grands renforts de gestes amples, se tournant régulièrement vers les deux salariés présents. Après des retards de paiements « trop réguliers » , ils ont saisi le parquet tout comme des actionnaires en désaccord avec la gestion de Le Pelletier. Mais un peu à l'écart, en off, d'autres hypothèses sont murmurées quant aux motivations des uns et des autres et aux souhaits, réels ou fantasmes, de faire « tomber Le Pelletier » . Les « soutiens » reprochent notamment aux « opposants » d'avoir mis volontairement la chaîne en difficulté en refusant de faire de la publicité sur son antenne.
À la sortie de l'audience, vers midi, l'annonce du délibéré avait été suivie d'un flottement général. Un silence rompu par les deux salariés présents lors des débats : « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » Réponse : « Ben, on va bosser. » Pour eux, la priorité est clairement de poursuivre l'aventure ATG, « mais avec une nouvelle direction » .
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