C'est au Village saramaca (Kourou) que Gérard Javinde aurait poignardé son ex beau-frère, en 2004 (photo d'archives)
Condamné à vingt-cinq ans de réclusion criminelle, en son absence, pour un meurtre commis en mars 2004, Gérard Javinde conteste aujourd'hui sa culpabilité.
Les faits examinés par la cour d'assises depuis hier se sont déroulés il y a dix ans. Le dimanche 14 mars 2004, vers 3 h 45, le corps d'un homme était retrouvé sur un terrain vague du Village saramaca de Kourou, entre la rue du Suriname et celle du Maroni. La victime, Denis Anakaba, un Surinamais âgé de 29 ans, avait reçu plusieurs coups par arme blanche.
AUCUN TÉMOIN DIRECT
Quelques instants avant, ce dernier avait rejoint son ancienne compagne dans un bar clandestin et une altercation avait éclaté. Ivre, il l'aurait giflée et aurait jeté une bouteille sur elle. Il avait été évacué de l'établissement par le patron qui a vu à ce moment-là, à l'extérieur, un jeune qu'il ne connaissait pas. C'était le frère de l'ancienne compagne de la victime. Désigné comme le meurtrier, Gérard Javinde, âgé de 25 ans au moment des faits, a fuit au Suriname.
Jugé en son absence en septembre 2006, il a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Un mandat d'arrêt avait été délivré et le 22 juillet 2012. Il a finalement été interpellé par la police de l'Air et des frontières à Saint-Laurent, lors d'un simple contrôle. Il comparaît cette fois devant les juges et jurés et affirme vouloir s'expliquer. Des faits rappelés hier matin en visioconférence par un des enquêteurs de la gendarmerie. Ce dernier souligne que la victime a reçu onze coups de couteau et qu'aucun témoin n'a assisté directement au meurtre. Sur les lieux, près de la victime, il a été retrouvé une chaînette en or appartenant à l'accusé. L'enquêteur révèle également que la victime avait été poursuivie pour violences conjugales : « des problèmes de violences et d'argent au sein du couple » .
Face aux accusations, Gérard Javinde affirme dès le début de l'audience que « C'est faux! Ce soir-là, je suis sorti avec mes deux soeurs. Lorsque Denis qui était ivre, s'en est pris à ma soeur Françoise, je suis intervenu pour les séparer. » La victime est partie et il craignait qu'elle ne revienne avec une arme alors il affirme avoir quitté le quartier. En apprenant la mort de Denis et, persuadé qu'on allait l'accuser de l'avoir tué, il précise : « J'ai fait la grave erreur de m'enfuir. J'ai rejoint Saint-Laurent puis le Suriname où j'ai travaillé sur un site d'orpaillage. » Le procès se poursuit aujourd'hui, les réquisitions et plaidoiries sont prévues en fin de journée.
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