A Saint-Martin, tension extrême à Sandy Ground après l'arrestation violente d'un jeune homme
La route d'accès au quartier de Sandy Ground, à Saint-Martin, était coupée ce lundi 19 janvier au matin. Des habitants ont dressé des barricades et incendié des véhicules pour protester contre l'interpellation, jugée violente, d'un jeune homme la veille au soir.
Depuis l'aube de ce lundi 19 janvier, Sandy Ground est isolé. À l'entrée du quartier, sur le pont, des poubelles, des détritus et des barricades obstruent la chaussée. Les stigmates de la nuit étaient encore visibles : une voiture et les barrières du pont ont été la proie des flammes. En milieu de journée, l'accès routier restait totalement interdit. La gendarmerie, présente en nombre sur les lieux, surveillait une situation volatile, tandis que les habitants maintenaient leur mobilisation. La colère a pris feu à la suite d'un événement survenu dimanche 18 janvier, peu avant 23 heures, à l'entrée du quartier. Ce soir-là, une équipe de gendarmes effectuait des contrôles filtrants, un dispositif mis en place en réponse à une série récente de carjackings et tentatives de vols de voiture avec usage d'armes dans le secteur.
Le lieutenant-colonel Hugues Loyez, chef de la gendarmerie de Saint-Martin, présent sur place, décrit une scène tendue : ses hommes auraient " essuyé une pluie d'insultes durant plusieurs minutes, des crachats ". Ils ont alors procédé à l'interpellation d'un jeune homme du quartier pour outrage. Selon la version officielle, celui-ci se serait débattu et aurait " mordu au sang deux gendarmes ". Une version radicalement contestée par plusieurs habitants. Ces derniers affirment que le jeune homme aurait été " fortement violenté " par les forces de l'ordre. La gendarmerie réfute catégoriquement ces allures de bavure, indiquant que " son état de santé était compatible à une garde à vue ". Relâché lundi matin, le jeune homme a dû être conduit à l'hôpital par la suite.
Les autorités sur le pont pour apaiser les esprits
Face à la crise, les autorités se sont rapidement rendues sur place. Le président de la Collectivité, Louis Mussington, puis le préfet, Cyrille Le Vély, sont venus s'entretenir avec les habitants en milieu de journée. Le représentant de l'État a été direct. " On n'a tabassé personne ", a-t-il répété aux résidents de Sandy Ground, tout en appelant au déblocage de la route. Il a également cherché à replacer l'action des gendarmes dans son contexte sécuritaire, évoquant un fait grave survenu dans la nuit de vendredi à samedi : un touriste dont la voiture avait été traversée par une balle lors d'une tentative de carjacking.
Pour ouvrir une perspective, le préfet a promis des échanges futurs avec le conseil de quartier pour travailler à l'amélioration de la vie à Sandy Ground. Des pourparlers se poursuivaient lundi après-midi avec la gendarmerie, toujours mobilisée, alors que la tension restait palpable aux abords du pont bloqué.

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