Les Français jugent désormais l'alcool et le tabac plus dangereux que le cannabis et la cocaïne
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

Les Français jugent désormais l'alcool et le tabac plus dangereux que le cannabis et la cocaïne

Rédaction Web - Christophe VERGER
Les Français sont moins réticents à la consommation de cannabis et de cocaïne.
Les Français sont moins réticents à la consommation de cannabis et de cocaïne. • SHUTTERSTOCK

Une enquête récente de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives révèle une transformation drastique dans la manière dont les Français perçoivent les substances psychoactives.

Publiée ce jeudi 17 juillet, cette étude montre que l'alcool et le tabac sont aujourd'hui considérés comme plus dangereux qu'en 1999, tandis que le cannabis et la cocaïne apparaissent moins menaçants aux yeux de la population. Ce basculement des mentalités interroge sur l'évolution des comportements face aux addictions et remet en question certaines idées reçues. L'étude EROPP, réalisée auprès de 2 718 personnes agées de 18 à 75 ans, mets en avant une nette évolution dans la perception aux dangers liés au tabac et à l'alcool. Les Français sont désormais 27 % à considérer le tabac dangereux dès la première cigarette, contre seulement 22 % en 1999. 

Concernant l'alcool, la proportion de ceux qui estiment qu'il ne représente de risque qu'à partir d'une consommation quotidienne est passée de 84 % à 71 % sur la même période. Ces chiffres témoignent d'une meilleure connaissance des effets néfastes de ces substances pourtant légales et largement répandues dans la société. 

Le cannabis, une banalisation préoccupante

Le cas du cannabis révèle une tendance inverse particulièrement marquante. Seulement 38 % des Français le jugent désormais dangereux dès l'expérimentation, alors qu'ils étaient 54 % en 1999. Plus significatif encore, l'étude note que pour la première fois depuis sa création, il y a davantage d'adultes (44 %) qui considèrent que le cannabis n'est dangereux qu'à partir d'une consommation quotidienne que ceux qui le jugent risqué dès la première prise. Cette évolution reflète une normalisation progressive de cette substance dans la société française, malgré son statut illégal. " Quand on reçoit du monde, certaines personnes ont la volonté d'arrêter totalement, d'autres veulent réduire les risques rencontrés dans leur consommation pour la diminuer au fur et à mesure ", explique Eddy Falibois, directeur, depuis deux ans, du Coredaf et du Csapa.

Les tranches d'âges les plus fréquemment rencontrées sont les 30-39 et les 40-49 ans. Les jeunes se présentent également aux consultations, 60 jeunes se sont présentés en 2024 aux consultations jeunes consommateurs, de 14 à 25 ans. Il est important de noter également que la grande majorité des consultations sont pour des hommes, 578 contre 102 femmes. 

La cocaïne entre festivité et normalisation

La cocaïne fait l'objet d'une perception particulièrement ambivalente. Parmi les personnes en ayant déjà consommé, 74 % estiment qu'elle "aide à s'amuser et à faire la fête", tandis qu'un quart (24 %) pensent qu'il est possible de vivre normalement en en consommant. Sa notoriété à par ailleurs fortement augmenté ces dernières années, avec 74 % de citations spontanées contre 64 % en 2012. Ces chiffres suggèrent une certaine banalisation de cette drogue dure, particulièrement dans certains milieux festifs.

L'OFDT souligne que cette étude "met en évidence l'évolution de la perception de la dangerosité des substances qui ne repose plus uniquement sur leur statut légal". Les critères d'appréciation semblent désormais davantage liés aux pratiques et contextes d'usage qu'à la classification juridique des produits. Parallèlement, la préoccupation sociale concernant les drogues reste stable depuis 25 ans, avec seulement 20 % des Français la citant parmi leurs principales inquiétudes, loin derrière des enjeux comme la pollution qui a "nettement progressé" dans les préoccupations.

Cette transformation des mentalités pose des questions cruciales sur l'adaptation des politiques publiques en matière de drogues et d'addictions. Alors que les perceptions évoluent rapidement, les réponses institutionnelles semblent peiner à suivre ce changement de paradigme. Le débat sur une éventuelle réforme des politiques en la matière semble plus que jamais d'actualité face à ces nouvelles données. 

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger