“Comprendre le sous-sol guyanais” : où en est l'inventaire des ressources minérales
Le BRGM a présenté ce jeudi 23 avril à Cayenne un point d'étape sur l'Inventaire des ressources minérales en Guyane. Dans un territoire riche en eau mais où l'accès reste difficile, ces travaux pourraient aussi aider à mieux localiser les ressources en eaux souterraines
Mieux connaître le sous-sol pour anticiper l'avenir : c'est l'objectif de l'Inventaire des ressources minérales (IRM), lancé par l'État en 2023 en Guyane (entre autres) jusqu'en 2029 et confié au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM). Un programme scientifique d'ampleur qui dépasse la seule question minière.
Un enjeu clé pour l'accès à l'eau
"La partie la plus importante, c'est la compréhension du sous-sol", souligne Floriane Deneuville Mayer, directrice régionale du BRGM.
Ces données pourraient aider à répondre à un paradoxe guyanais : un territoire riche en eau dont l'accès reste difficile.
Aujourd'hui, l'eau provient surtout des fleuves. Une ressource abondante, mais souvent chargée en sédiments ou polluée, qui nécessite des traitements lourds et des infrastructures coûteuses.
"Dans les zones isolées, comme le Haut-Maroni ou l'Oyapock, ces installations sont difficiles à mettre en place".
D'où l'intérêt des eaux souterraines, généralement de meilleure qualité car naturellement filtrées. "Le problème, c'est qu'on les connaît encore mal", souligne la directrice du BRGM.
Grâce aux données du projet, les scientifiques espèrent mieux localiser ces ressources, situées dans les fractures de la roche. "Ce ne sont pas des poches d'eau, mais des zones où l'eau circule dans les fractures de la roche." À terme, cela pourrait sécuriser l'accès à l'eau potable.
"On n'aura pas de solution immédiate", tempère-t-elle. "Mais ces données permettront, progressivement, de proposer des alternatives."
Le rôle des guyanais dans le projet
L'implication des acteurs guyanais dans le programme fait débat. Le député de la 1re circonscription, Jean-Victor Castor, a interrogé le BRGM sur la place accordée aux élus et aux acteurs locaux dans cet inventaire national, comme le rappel nos confrères de Guyane la 1ʳᵉ. Il estime que la "démarche reste trop centralisée" et appelle à "une meilleure prise en compte des intérêts du territoire".
" Comment faire pour que la Guyane ne soit pas une nouvelle fois exclue ? Quels seront les retours pour nous ? ", a-t-il notamment interrogé en mars dernier.
L'élu regrette aussi que la jeunesse guyanaise ne puisse pas jouir des richesses de son territoire. En cas de découvertes exploitables, plusieurs secteurs pourraient être concernés, allant des activités minières aux métiers de la logistique, du transport ou encore de l'accompagnement technique.
Pour Pierre-Michel Rosier, vice-président de la (Fedom), cet inventaire souligne aussi un enjeu : les retombées locales. "Le risque, c'est que des entreprises extérieures exploitent ces ressources, faute de moyens techniques sur place." D'autant que "le lithium ne s'exploite pas comme l'or".
55 éléments identifiés
Dans le nord de la Guyane, près de 4 000 prélèvements seront réalisés, soit un tous les 5 km², afin d'identifier des indices de présence de 55 éléments comme le lithium, le tantale, le césium ou le germanium des métaux essentiels aux batteries, aux technologies numériques et à la transition énergétique.

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