Université : un an après!
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Université : un an après!

A.S.-M.
Hier matin, Lauren, Swan et Carla posent devant la toute première banderole réalisée dans le cadre de la mobilisation fin septembre 2013 (ASM)
Hier matin, Lauren, Swan et Carla posent devant la toute première banderole réalisée dans le cadre de la mobilisation fin septembre 2013 (ASM)

Le 11 novembre 2013 était signé le protocole qui acte la création de l'université de Guyane.

Pour célébrer le premier anniversaire de la signature du protocole actant la création de la future université de Guyane, les principaux acteurs du mouvement se sont retrouvés hier sur le campus de Troubiran. Au programme : expo photo, musique, repas, mais surtout le plein de souvenirs à partager pour ces anciens combattants du Pug. « On s'est bien battu » , se souvient avec fierté Lauren, une des figures du collectif étudiant, attablée dans le hall d'accueil avec deux de ses camarades de lutte, Carla et Swan. Pour eux, ce conflit a été une grande première. « On est passés par des moments difficiles, mais cela nous a fait grandir » , raconte Carla. A l'origine, étudiants et syndicats ne réclamaient pourtant pas une université de plein exercice. A peine le mot « autonomie » était-il évoqué. « On se battait pour de meilleures conditions de travail, rappelle Lauren. Il fallait toujours passer par les Antilles pour obtenir plus et c'était difficile. »
Le 7 novembre 2013 avait lieu la toute dernière manifestation populaire avant la signature du protocole de fin de conflit (photo d'archives)
Le 7 novembre 2013 avait lieu la toute dernière manifestation populaire avant la signature du protocole de fin de conflit (photo d'archives)
CONFIANCE EN L'AVENIR
Comme ces étudiants, les membres de l'intersyndicale se remémorent eux aussi la mobilisation avec une satisfaction à peine contenue. Pour Christian Aridas, un de ses représentants, « l'image qui restera, c'est la population guyanaise qui s'est appropriée cette grève » . Et de pointer le doigt vers un écran qui diffuse une des grandes manifestations populaires organisées dans les rues de Cayenne. Mais au-delà des souvenirs, c'est le présent et surtout l'avenir qui sont au coeur des discussions, avec un optimisme clairement affiché. « J'ai l'impression qu'on va être en mesure de mener cette université là où toute université doit se trouver » , lance Ghislaine Prévot, responsable de la licence professionnelle protection de l'environnement. « Ceux qui restent sur le pôle ont à coeur de servir la population, d'être à la disposition des jeunes qui arrivent. » Ceux qui restent... Car d'autres, opposés à l'époque à cette mobilisation, ont demandé leur mutation vers les Antilles.
LA COHÉSION EN HÉRITAGE
La satisfaction des uns et des autres vient aussi de la cohésion apparue durant la mobilisation. Chez les étudiants, elle a fait naître un sentiment de responsabilité vis-à-vis des nouveaux venus. « Aujourd'hui, on conseille des étudiants en première année, on continue de se mobiliser pour eux, mais en douceur » , explique Carla. « On a beaucoup de travail, mais on prend le temps de les aider » , insiste Swan. Une attitude perçue avec bienveillance chez les enseignants syndicalistes pour qui « l'atmosphère sur le pôle est apaisée et la confiance, rétablie » . Signe de cet apaisement et de cette confiance retrouvée, c'est avec le sourire et une certaine complicité que les ex-grévistes ont accueilli hier le président de l'université, Richard Laganier, venu lui aussi célébrer ce premier anniversaire.
Les engagements tenus
Un an après la rédaction du protocole, tous s'accordent à dire que l'État a respecté ses promesses. « L'université sera créée officiellement au 1er janvier et, lors de sa venue, la ministre de l'Education a rappelé l'engagement de la création des soixante postes sur quatre ans » , se réjouit Laurent Linguet, un des porte-parole de l'intersyndicale.
De même, les étudiants confirment que les points concernant la vie universitaire (transport, restauration...) ont eux aussi dans l'ensemble été respectés.
REPÈRES. La mobilisation en quelques dates
30 septembre : Première mobilisation pour le maintien de la licence professionnelle protection de l'environnement (LPPE).
3 octobre : Première assemblée générale, les revendications dépassent le cadre de la LPPE.
8 octobre : Premier jour de grève au pôle universitaire.
10 octobre : Corinne Mencé-Caster, présidente de l'UAG, vient rencontrer l'intersyndicale. Le dialogue est vite rompu.
14 octobre : Raphaël Confiant, doyen de la faculté des lettres en Martinique, jette de l'huile sur le feu en qualifiant les Guyanais de « tebés » .
15 octobre : Première manifestation à Cayenne avec un peu plus de 1 000 personnes.
18 octobre : Deuxième manifestation. Les lycéens défilent aux côtés des étudiants.
21 octobre : Lancement d'une médiation. Devant l'Assemblée nationale, la ministre de l'Enseignement supérieur se dit « à l'écoute du peuple guyanais et de son avenir » .
22 octobre : 300 personnes forment une chaîne de solidarité sur les Palmistes.
25 octobre : L'intersyndicale réclame pour la première fois une université de plein exercice.
7 novembre : Nouvelle manifestation : plus de 2 000 personnes dans les rues de Cayenne.
11 novembre : Le protocole de fin de conflit est signé. L'université de Guyane sera officiellement créée le 1er janvier 2015.
(photo d'archives)
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