Saint-Laurent du Maroni: le français en partage au secours catholique
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Saint-Laurent du Maroni: le français en partage au secours catholique

Samuel Zralos
Les locaux du secours catholique, à Saint-Laurent du Maroni.
Les locaux du secours catholique, à Saint-Laurent du Maroni. • SAMUEL ZRALOS

Une centaine de personnes passent chaque semaine la porte du secours catholique, à Saint-Laurent du Maroni, pour améliorer leur maitrise du français, que ce soit à l’oral ou à l’écrit.

Depuis 2017, l’association propose des cours d’alphabétisation dans ses locaux du centre-ville. Surtout, contrairement aux organismes formateurs, l’association donne des cours pratiquement gratuits, à 20 euros de participation pour l’année complète, et sans se préoccuper du statut administratif des apprenants.

« C’est que nous ne sommes pas un centre de formation, nous n’offrons pas de diplôme, mais on ouvre l’accès à ceux qui veulent », explique Nelly Canal, responsable de l’alphabétisation au sein de l’association. Les cours sont ainsi assurés par des bénévoles, le matin, en fonction tant de leurs disponibilités que de celles des apprenants. Ceux-ci sont répartis en groupes en fonction de leur niveau, avec un apprentissage axé sur l’oral et sur les bases de l’écrit – suffisamment pour assurer leur autonomie.

Beaucoup de mamans

La majorité des inscrits sont des mères, même si certains viennent dès 17 ou 18 ans et qu’il commence à y avoir « quand même plus d’hommes qui commencent à venir qu’auparavant », relève Nelly Canal. Toutes et tous, toutefois, viennent pour la même raison « ça leur permet de ne pas être perdus » au quotidien, notamment lorsqu’ils sont confrontés à « leurs démarches administratives », explique Marissa Bangil, tout à la fois bénévole et service civique au Secours catholique.

Les apprenants viennent « trois ans maximum », précise Nelly Canal, afin que l’association fasse aux maximum fasse à la demande, très importante. Au point que l’association est obligée « de refuser du monde », soupire sa jeune collègue, qui souhaiterait « un plus grand espace ». A défaut, « on essaie de faire en sorte que une fois que les gens ont des bases ils aillent ailleurs. Par exemple faire des formations avec pôle emploi. », reprend la responsable de l’alphabétisation.

« Elles progressent vite »

La principale difficulté, explique-t-elle, c’est « l’assiduité » : « Notre public parfois peut venir ou non, en fonction des conditions climatiques, des moyens de déplacement, financiers, etc. », d’autant que les mères qui viennent doivent s’occuper des enfants les après-midis. Malgré ces difficultés, « elles progressent vite », sourit Marissa Bangil. « Ça se passe comme à l'école, on commence par l'alphabet, puis on progresse. Et tous les trois mois on fait un petit contrôle pour voir si elles ont suivi. »

A l’avenir, le secours catholique aimerait étendre la portée de son action, avec des cours hors de leurs locaux, dans les différents quartiers de Saint-Laurent du Maroni. « Mais encore faut-il que les partenariats, les aides », soient débloquées, nuance Nelly Canal. Surtout que, dès l’année prochaine il faudra « refaire les groupes, retrouver des bénévoles », un éternel recommencement.

 

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