Saint-Laurent: des enseignants manifestent pour de meilleures formations et des moyens
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Saint-Laurent: des enseignants manifestent pour de meilleures formations et des moyens

Samuel ZRALOS

Une petite cinquantaine d'enseignants ont répondu à l'appel intersyndical ce matin devant la sous-préfecture de Saint-Laurent du Maroni.

Vingt, quarante, puis près de cinquante enseignants se rassemblent petit à petit devant la sous-préfecture ce matin, à Saint-Laurent du Maroni. Sous le soleil matinal, les grévistes viennent manifester leur colère face au traitement de l'enseignement, tant au niveau national que local. « On demande des formations [des enseignants] plus adaptées aux réalités locales », explique Cindy Pollux du Steg-UTG.

« On est les derniers sur le territoire français sur les évaluations nationales et rien n'est fait pour la réussite de nos élèves » se désespère la syndicaliste, pour qui l'Etat « ne prend pas en compte le nombre d'élèves allophones, ne met pas de moyens » suffisants au vu des besoins du territoire. « On est très inquiets », notamment vis à vis des élèves dont le français n'est pas la langue maternelle, confirme Stéphanie Commode, membre du bureau guyanais du Snes-FSU. « Si on ne leur donne pas de chance dès le début de leur scolarité, quel avenir pour nos élèves ? » se demande celle qui exerce à Kourou.

« Que le gouvernement prenne ses responsabilités »

Une inquiétude renforcée par les réformes en cours de l'éducation nationale, lancées par Gabriel Attal dans la lignée des réformes Blanquer du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Des réformes qualifiées par certains de fin du collège unique. « Ils disent que non, mais dans l'idée on va séparer les élèves, avec des groupes de niveaux, des disciplines enlevées, donc on craint qu'ils ne puissent sortir de ces groupes », dénonce ainsi Stéphanie Commode.

« Il y a beaucoup de suppressions de postes alors qu'il manque des enseignants. Il en faut plus. On sait que le métier n'est plus attractif, faut le rendre plus » attirant, renchérit Cindy Pollux. Dans ce but, les revendications des grévistes incluent une revalorisation des points, la fin du gel du salaire des enseignants et surtout que les lauréats guyanais du Capes puissent rester sur le territoire. Bref « que le gouvernement prenne ses responsabilités » assène Stéphanie Commode, qui attribue le faible nombre de manifestants à la « pression » sur les contractuels et à la « fatigue » de professeurs « désabusés, par ces réformes successives ».

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