Nancy entortille des toiles d'araignée pour les emporter sans les abîmer (KS)
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Quatorze lycéens de seconde et première mènent cette année un projet scientifique. Mercredi, ils ont visité la réserve naturelle et effectué plusieurs prélèvements.
Huit heures, marina de Dégrad-des-Cannes. On charge le bateau : piquets de bois, rubalise, sacs en plastique, marteaux... Et aussi tout l'équipement du parfait scientifique, soigneusement rangé dans de petites mallettes noires. Les lycéens de Monnerville, à Kourou, sont prêts à mettre le cap sur l'île du Grand Connétable.
Interdite au public, la réserve naturelle leur est exceptionnellement ouverte pour la journée. Avec l'accord du nouveau conservateur, Kevin Pineau, les quatorze lycéens vont même pouvoir y effectuer deux prélèvements nécessaires à leur projet de classe. Une autorisation tout à fait exceptionnelle. « On ne voulait pas que les élèves soient limités dans leurs études et ces deux petits prélèvements de feuilles ne constituaient nulle menace pour l'environnement». Trois groupes se forment : celui des araignées (quatre filles de 1re S) qui étudie l'élasticité et la résistance des toiles ; et deux groupes de seconde option sciences et laboratoire. L'un fera des mesures physiques (température, lumière et pression du milieu), l'autre se chargera des relevés biologiques (végétaux, terre et insectes notamment). Tout le monde ici connaît sa mission. C'est la même qu'il y a trois semaines, aux Îles du Salut.
UNE EXPÉRIENCE UNIQUE
« Le groupe est assez autonome » , explique Pascal Roger, leur enseignant. C'est lui qui est à l'origine de cette classe de mer originale, qui allie recherches scientifiques et découverte de la Guyane. « L'année dernière, on avait passé une semaine en mer avec les élèves » , se souvient-il. Cette année, la formule est un peu différente mais tout aussi appréciée. « C'est bien ce genre de projet, confie Nancy. On apprend plein de choses et ça crée des liens entre nous. Alors même si le programme scolaire est déjà bien chargé, je ne regrette pas cette aventure. Au contraire. »
L'arrivée sur l'île est sportive. Un courant fort. Pas de ponton. Et des rochers glissants. L'odeur de guano dérange certains. « Je n'avais jamais vu autant d'oiseaux regroupés » , s'étonne Paul-Henry. Mais tout le monde savoure sa chance de poser le pied au Grand Connétable. « C'est une expérience unique. Peu de gens peuvent visiter ce site » , lâche Belinda dans un large sourire. Après une rapide visite et l'observation des couples de frégates venus s'accoupler, les élèves se mettent au travail. Pas de temps à perdre. Les prélèvements seront analysés au lycée, mais les premières conclusions tombent rapidement. « La végétation est plus diversifiée ici qu'aux Îles (du Salut) » , commente Belinda. Sa copine Sarah ajoute : « On observe trois milieux différents. Plus on monte, plus il fait chaud... » Un projet de station météo construite par les lycéens est lancé. Celle-ci pourrait être installée sur l'île du Grand Connétable l'année prochaine.
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