Les syndicats manifestent pour un "plan de rattrapage" de l'éducation sur le territoire
Plusieurs établissements n'ont pas pu ouvrir et d'autres sont en service minimum, alors que le pourcentage de grévistes atteint 9,26% du personnel.
Six organisations syndicales enseignantes manifestent ce 17 mars, à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent. La FSU, LDC Education, le SNETAA-FO, le Steg-UTG, SUD Education et l’UNEF "exigent un plan de rattrapage d'urgence pour l'éducation en Guyane." 120 personnes ont marché du stade de Baduel jusqu'au rectorat, où les représentants ont été reçus en fin de matinée.
Parmi les nombreuses revendications, cent nouvelles écoles, vingt collèges et huit lycées sont demandés. L'objectif est d'avoir des "établissements à taille humaine", précise Denys Oltra, représentant FSU, avec 600 élèves maximum par collège et 750 par lycée. Dans certains établissements, les taux d'occupation dépasseraient aujourd'hui les 200 % par rapport aux capacités prévues.
"Tout le monde est d'accord, la CTG et l'État aussi, sur le constat que nous dressons. On est en échec global sur la réussite de nos élèves", explique Bruno Niederkorn, du Steg UTG. Plusieurs réunions ont déjà eu lieu entre les différentes parties. "On s'accorde sur le manque de personnels spécialisés, sur la nécessité d'une politique d'adaptation des programmes et sur l'adoption d'une circulaire académique pour baisser le nombre d'enfants par classe", résume encore Bruno Niederkorn. Le recteur, sur le départ, s'est déjà engagé sur plusieurs de ces points.
Dans sa programmation pluriannuelle d'investissement, la CTG a déjà annoncé la mise en chantier de douze nouveaux collèges et lycées avant 2028. Mais les syndicats demandent une programmation "plus ambitieuse", et que celle-ci soit accompagnée d'un développement de l'Université de Guyane. Les enseignants et personnels éducatifs poursuivent aussi la grève ce lundi pour que "l'ensemble des engagements soit formalisé."
En termes de recrutements d'enseignants, 35 nouveaux postes dans le premier degré et 30 dans le second sont déjà actés pour la prochaine rentrée. "C'est très insuffisant par rapport aux besoins", affirme Denys Oltra. L'intersyndicale chiffre, sur les prochaines années, une nécessité de 440 postes dans le premier et 250 dans le second degré. À cela s'ajoute un besoin estimé à plus de 25 nouveaux conseillers principaux d’éducation (CPE), des infirmières scolaires, et une centaine ETP administratif dédié à la gestion du personnel.
Le nombre de postes pour la rentrée 2025 est le point de désaccord majeur qui subsiste, selon les syndicats, après la réunion du jour : "Le rectorat ne s’engage sur rien de précis en termes d’effectifs maximum par classe ni en nombre de postes créés pour la rentrée prochaine. La circulaire promise pour 2026, même si elle acte des engagements en matière d’effectifs (non chiffrés) et de réduction des inégalités, ne répond pas à nos attentes."
Outre les nouvelles constructions, Sabine Lagrèze de Sud Éducation rappelle le "besoin d'un plan de rénovation des établissements vieillissants."
Selon le rectorat, le pourcentage de grévistes atteint 9,26 % du personnel. Les écoles Émile Gentilhomme, Michel Dipp et Jacques Lony, à Rémire-Montjoly, n'ont pas pu ouvrir. D'autres établissements sont impactés, voire en service minimum, comme à Matoury et Cayenne.
Dans la réunion du jour, le recteur a mis sur la table un service de gestion des contractuels et un groupe de travail sur la contextualisation des enseignements.
L'intersyndicale a confirmé dans l'après midi qu'elle poursuivrait la grève mardi et donne rendez-vous à partir de 7 h 30 devant le rectorat.
Plus à suivre...

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