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EDUCATION

Les nouveautés de la rentrée

Gérôme GUITTEAU
Philippe Dulbecco, a partagé les grands axes de son projet académique pour les quatre prochaines années. Il se trouve ici avec la cheffe d'établissement du groupe scolaire Maurice-Bayeron, à Saint-Laurent.
Philippe Dulbecco, a partagé les grands axes de son projet académique pour les quatre prochaines années. Il se trouve ici avec la cheffe d'établissement du groupe scolaire Maurice-Bayeron, à Saint-Laurent. • CTG

À l'occasion de la rentrée scolaire 2024, le recteur de l'Académie de Guyane, Philippe Dulbecco, a partagé les grands axes de son projet académique pour les quatre prochaines années. Cet entretien révèle une volonté d'ancrer l'école au cœur des enjeux territoriaux tout en se concentrant sur des actions prioritaires pour améliorer la réussite des élèves et des enseignants.

Le recteur se montre très satisfait du nouveau projet académique, qui se distingue par sa simplicité et sa focalisation sur trois axes principaux. Le projet est décliné en sept objectifs, assortis d'indicateurs précis permettant de suivre son avancement. Une instance de suivi a été mise en place pour garantir une évaluation régulière des résultats obtenus.

La question du bien-être des élèves et des enseignants est au cœur du projet académique. Un « Observatoire de la Réussite » a été créé. Les problématiques de l'illettrisme sont abordées à travers des dispositifs spécifiques, inspirés d'expériences réussies ailleurs, comme à Mayotte. La méthode Néo va être appliquée sur l'ensemble du territoire avec un personnel formé à cet apprentissage.

 

Groupes de besoins : un accompagnement des élèves en difficulté

Le recteur souligne l'importance des « groupes de besoins », un dispositif voulu par Gabriel Attal, lors de son court passage au ministère de l'Éducation, dans le cadre du programme « Choc des savoirs ». L'objectif est de prendre en charge les élèves en difficulté dans des matières essentielles comme le français et les mathématiques. Ces groupes permettent d'accompagner les élèves de manière plus personnalisée, tout en laissant une grande souplesse aux enseignants pour organiser ces interventions. Tous les enseignants disposent désormais de 4 h 30 par semaine pour se consacrer à ces groupes de besoins, en plus des dispositifs déjà existants, comme les classes dédoublées.

 

Défis territoriaux : scolarisation et infrastructures

Le recteur reconnaît que l'éloignement freine la scolarisation obligatoire dès trois ans, particulièrement dans les régions de l'est et de l'ouest. De plus, la gestion des infrastructures scolaires reste un enjeu majeur. Si certaines communes comme Saint-Georges bénéficient de conditions favorables, d'autres, plus à l'ouest, manquent cruellement de nouveaux établissements.

Dans ce contexte, des efforts sont faits pour construire de nouvelles écoles et mieux répartir les élèves, notamment dans des communes comme Mana et Macouria, où les infrastructures sont saturées. La rentrée 2024 verra également l'ouverture expérimentale d'une classe préparatoire au lycée Gaston-Monnerville à Kourou, pour les élèves ayant échoué au Diplôme National du Brevet (DNB).

 

Le pilotage par l'évaluation : vers une amélioration continue

Un des axes majeurs du projet académique repose sur le pilotage par l'évaluation. Il ne s'agit pas de comparer les performances entre établissements, mais d'identifier les méthodes qui fonctionnent le mieux pour améliorer les résultats éducatifs. Cette approche permet de mettre en place des indicateurs précis pour suivre la progression des élèves à chaque niveau du système éducatif.

En ce sens, l'académie de Guyane bénéficie d'une batterie d'indicateurs qui permet d'ajuster les stratégies pédagogiques en temps réel.

 

Se battre contre la non-scolarisation

L'autre grand objectif du rectorat qui rejoint celui de Gabriel Serville, président de l'exécutif guyanais. Zéro élève sans classe. Le chiffre de 10 000 enfants non scolarisés émis par l'Unicef a été revu à la baisse. L'Insee évoque 6 200 élèves entre trois ans et seize ans non scolarisés. Le rectorat retient 1 863 élèves e, 2023, soit 300 élèves de moins qu'en 2022. Il compte les enfants qui ont fait une demande auprès de ses services.

« La différence entre nos chiffres et ceux de l'Insee s'explique. Il y a un décalage de deux ans, premièrement car l'Insee fait son recensement tous les 5 ans et cela fait trois ans que la scolarisation à trois ans est obligatoire. Puis, nous avons des familles qui refusent de mettre leur enfant de trois ans dans une pirogue. Troisième explication, du côté brésilien la scolarisation obligatoire va jusqu'à 14 ans et 12 ans au Suriname. On remarque une baisse de la scolarisation dans ces tranches d'âges. »

 

Philippe Dulbecco lors de sa venue le mardi 18 octobre 2022 au carrefour du lycée Bertène Juminer (entouré des deux proviseurs-adjoints Moïse Edwin et Mehdi Rharbaje)
Philippe Dulbecco lors de sa venue le mardi 18 octobre 2022 au carrefour du lycée Bertène Juminer (entouré des deux proviseurs-adjoints Moïse Edwin et Mehdi Rharbaje) • CG
Le recteur Philippe Dulbecco prépare sa deuxième rentrée. La première qui porte sa marque basée sur cinq priorités.
Le recteur Philippe Dulbecco prépare sa troisième rentrée. La première qui porte sa marque basée sur cinq priorités. • GG

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