Le cri d'alerte des enseignants du lycée du Larivot
Manque de matèriel et de personnels, travaux encore en cours, conditions "désastreuses", les enseignants du lycée du Larivot relèvent de nombreux problèmes dans leur établissement qui vient d'effectuer sa deuxième rentrée. Un débrayage a été mené ce matin et un préavis de grève a été déposé pour le lundi 11 septembre.
Les enseignants et les élèves du lycée professionnel du Larivot espéraient une meilleure rentrée que l'année dernière. Mais dans cet établissement qui a pris la place des anciens locaux de l'OPRF, les difficultés persistent.
Les professeurs ont débrayé ce mercredi matin et ont remis au recteur et à Gabriel Serville, président de la CTG, un préavis de grève pour le lundi 11 septembre, à sept heures. Le collectif des enseignants écrit notamment dans leur courrier : "Nous souhaitons aujourd’hui attirer votre attention sur les futures conditions de travail, de nos élèves et aussi de l’équipe éducative, qui s’annoncent a minima très compliquées, voire désastreuses." Le personnel estime que les conditions d’apprentissage et de vie scolaire "ne sont nullement réunies [...] Une large majorité de nos élèves n’est pas en capacité d’acquérir les compétences." La faute notamment à un matériel absent ou "qui fonctionne très mal, les pannes s'enchainent", relève Adrien Thomas, professeur en maintenance des véhicules et matériel dans l'établissement.
Le matériel de la section mécanique automobile a été cambriolé à plusieurs reprises l'année passée et n'a pas été remplacé en septembre. Selon les enseignants, la livraison des fournitures pour la filière "Peinture et applicateur de revêtement" n'est pas prévue avant janvier 2024. Autre exemple, l'atelier "Réparation et entretien des embarcations de plaisance" "est à ce jour complètement inexistant", dénoncent les enseignants.
À savoir, cette rentrée s'inscrit également dans un contexte de forte augmentation des effectifs des élèves qui passent de 350 à 600. Les travaux pour construire les nouvelles classes auraient pris du retard et n'auraient commencé qu'à la mi-août, selon le collectif. Résultat : le lycée se trouve actuellement en plein chantier : " Nos élèves vont devoir travailler avec des engins circulant aux abords des salles de classe et empruntant des chemins d’accès aux différentes parties du lycée. "
Le collectif des enseignants relève ainsi un manque d'effectif en vie scolaire.
Ce n'est pas tout, les profs témoignent auprès du recteur et du président de la CTG : "Concernant la qualité de vie, nos élèves travailleront dans des salles de classe qui ne seront, pour l’instant, pas nettoyées… Les élèves n’auront également accès à aucun point de restauration ou lieu de vie : ni cantine, ni cafétéria, ni maison du lycéen. Du côté de l’accès au lycée, le hangar à vélo n’est pas équipé et sécurisé. Pour l’arrêt de bus, celui-ci est mal situé, dangereux et non couvert." Ces conditions ont de nombreuses conséquences négatives pour les élèves.
L'équipe éducative va même jusqu'à dire que malgré son engagement et sa détermination, elle "n’est plus en mesure de mener les élèves sur la voie de la réussite." Mais comme Adrien Thomas le répète : "Ce sont les élèves qui sont pénalisés."
Gabriel Serville, informé de la situation et des revendications, a dit aux enseignants qu'ils reviendraient vers eux d'ici à vendredi.

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