La directrice du CNRS Guyane devrait être remplacée d'ici début 2014. En attendant elle cumulera ses fonctions au CNRS et à l'université, en tant que vice-présidente du pôle Guyane et directrice de l'institut d'études supérieures de Guyane (IESG).
Pourquoi c'est vous qu'on a choisi ?
D'une part, parce que j'imagine que je représente une forme de neutralité. Je n'étais pas directement impliquée dans l'UAG. A la tête du CNRS j'étais dans une démarche d'accompagnement du pôle Guyane et d'appui à la recherche, comme pour toute université. Ensuite, parce que ça fait 4 ans que je suis ici, au contact d'un certain nombre d'acteurs, des multi-acteurs et toujours dans un rôle de coordination et dans une logique de rassemblement.
Que deviendront René Dorville et Jean-Marie Fotsing ?
Pour l'instant les arrêtés pour mettre fin à leur fonction et acter des miennes sont en cours. Ils pourront totalement poursuivre des activités à l'université, simplement ils sont démis de leurs responsabilités administratives. Il n'y a pas lieu à une chasse aux sorcières. C'est leur management qui a été remis en cause. J'ai rencontré monsieur Dorville mardi, il a été très courtois, m'a présenté les locaux, l'équipe et m'a indiqué qu'il restait disponible en cas de question. Je n'ai pas encore eu l'occasion de voir Monsieur Fotsing mais ça ne serait tarder. Mais je suis sûr que nous allons nous inscrire dans une démarche de bonne volonté, dans une approche constructive.
À l'annonce même de votre nomination certains ont dénoncé votre rapprochement avec le laboratoire Ecofog, dirigé par l'un des membres de la "bande des 4"...
Absolument pas ! Je ne suis pas associée à ce laboratoire et je n'ai vraiment aucune main mise. Je fais partie d'une structure purement CNRS. Je rappelle que ce n'est pas un OPTA du CNRS. L'objectif de l'université est de délivrer des master, conduire vers des doctorats, en prenant appui sur les laboratoires de recherches qui les nourrissent en connaissances, qui actualisent. Les jeunes ont besoin des labos et les labos ont besoin des jeunes. Et en Guyane il y a tout à fait matière pour cette fertilisation croisée. Les organismes sont prêts. Le potentiel est fort.
Quel sera le rôle de Christian Forestier à vos côtés ?
Il viendra ponctuellement en Guyane et aura un rôle de conseiller. J'ai un rendez-vous téléphonique avec Monsieur Forestier (ndlr, hier midi) pour que l'on échange sur la marche à suivre. Dimanche il sera sur le département. Son expérience est plus forte. Il a notamment été président d'université. J'ai été davantage au pilotage de recherche qu'universitaire. Il va m'aider à l'aspect réglementaire et législatif. On doit être inventifs mais aussi dans le respect du cadre des procédures.
Quelles sont vos priorités immédiates ?
Dans cette transition il y aura plusieurs phases. Nous sommes actuellement dans une phase de redémarrage et d'apaisement, où l'on va organiser les choses. Après avoir gagné une première autonomie, peut-être qu'il va falloir refaire les élections des pôles. J'y tiens : l'objectif c'est de retrouver vite un fonctionnement démocratique comme dans toute université. J'ai simplement été parachutée dans une crise. Mon objectif est de remettre rapidement des élus aux manettes.
Qu'en est-il du calendrier universitaire ? Avez-vous déjà des pistes de rattrapage ?
Hier (ndlr, mardi), je rencontrais les services de scolarité. J'ai insisté pour que les cours reprennent au plus vite, quelques-uns ont déjà repris. Il ne suffira pas de décaler dans le temps. Cette après-midi (ndlr, hier) je rencontre les responsables de département pour voir comment récupérer les cours manquant. Attention, il n'y a rien d'acté, les pistes seraient peut-être de prolonger les journées ou de toucher au jeudi après-midi consacré au sport, de raccourcir des vacances ou des périodes de révision... Cinq semaines d'arrêt ça ne se récupère pas comme ça. L'objectif n'est pas de pénaliser l'année universitaire mais de faire comme si rien ne s'était passé.
Concrètement qu'est-ce qui change d'ores et déjà pour le pôle Guyane dans sa gestion depuis les Antilles ? Vous êtes-vous déjà entretenue avec la présidente de l'UAG ?
Il y a des domaines plus faciles, d'autres moins. Il y a des formations complètement guyanaises ou ça ne change rien mais pour les cursus imbriqués c'est plus compliqué à démêler. Je n'y vois pas encore clairement j'avoue. C'est prévu que je prenne contact avec Madame Mencé-Caster très vite pour que l'on discute de ce qu'il est possible de faire.
Ne craignez-vous qu'elle collabore peu, au vu de sa prise de position défavorable à la décision de la ministre ?
Je dis, qu'elle ne se trompe pas de combat. Je ne combats pas contre l'UAG. Leur inquiétude est légitime mais je suis certaine que la ministre leur apportera une réponse rapidement. En tant que fonctionnaires nous nous devons d'accompagner la décision du gouvernement.
Comment voyez-vous l'ouverture du pôle Guyane sur le bassin Amazonien ? Déjà des perspectives ?
J'ai déjà des contacts au Brésil. J'y étais récemment 5 jours pour des conférences sur le milieu marin. L'objectif est que la Guyane ne reste pas enfermée sur elle-même. Du côté de la biodiversité aussi les pistes sont nombreuses. Notamment avec le laboratoire d’excellence CEBA (ndlr, centre d’étude de la biodiversité amazonienne), qui peut jouer une carte importante de collaboration.
Une de vos missions imminente est la mise en place d'un directoire qui "veillera à la mise en œuvre des nouvelles dispositions". Quand le connaîtra-t-on ? Qui y figurera ?
Très rapidement, avant la fin de l'année. Ce directoire doit être vraiment opérationnel. Il sera toujours associé à la concertation. Mais il faut bien identifier deux niveaux : celui du fonctionnement et la partie prospective. J'aimerais autant que ça soit des enseignants-chercheurs qui y soient majoritaires.
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters