Apprentissage : 65 000 postes menacés d'ici la fin de l'année
Une note de conjoncture de l'Insee publiée ce jeudi 11 septembre jette un froid : environ 65 000 postes d'alternants devraient disparaître d'ici à la fin de l'année. En cause, une réforme du système entrée en vigueur en juillet qui réduit le soutien public aux contrats en alternance
Le boom de l'apprentissage, qui a vu le nombre de contrats triplé depuis 2017 pour dépasser les 870 000 cette année, pourrait bien connaître un brutal coup d'arrêt. Une réforme engagée par le précédent gouvernement pour assurer la " soutenabilité financière " du système commence à produire ses premiers effets, et ils sont alarmants selon la dernière note de conjoncture de l'Insee.
Le constat de l'institut statistique est sans appel. En raison de la baisse du soutien public aux employeurs, 65 000 postes d'alternants devraient être supprimés sur une période de seulement six mois, d'ici la fin de l'année 2024. L'Insee précise que l'essentiel des embauches en alternance ayant lieu en septembre, l'effet de ce durcissement se matérialisera pleinement en fin d'année. Cette contraction brutale n'est pas sans conséquence sur le marché du travail dans son ensemble.
Un impact en cascade sur l'emploi en 2025
La destruction de ces contrats en alternance devrait avoir un effet domino. L'Insee prévoit ainsi que l'emploi dans le secteur privé reculerait en 2025, avec une perte de 51 000 postes sur l'ensemble de l'année, " notamment du fait de l'alternance ". Parallèlement, après plusieurs années de hausse, l'emploi public devrait se stabiliser, affecté par la raréfaction des emplois aidés. Cette prévision assombrit significativement les perspectives pour l'année à venir.
Au cœur de la polémique : une mesure phare de la réforme entrée en vigueur en juillet. Elle instaure une " participation obligatoire " de 750 euros pour les entreprises qui embauchent un apprenti préparant un diplôme de niveau Bac+3 (licence) ou plus. Cette contribution, destinée à participer au financement du coût pédagogique, était auparavant intégralement prise en charge par l'État. Pour de nombreux employeurs, notamment les TPE et PME, cette nouvelle charge financière semble dissuasive.
Des craintes sur le chômage au plus haut
Dans ce contexte, le climat sur le marché du travail se dégrade. L'Insee relève que " les craintes sur le chômage culminent au plus haut depuis dix ans " (hors période Covid), alors même que le taux de chômage au sens du BIT était stable à 7,5 % au deuxième trimestre 2025. L'institut anticipe une légère hausse, à 7,6 %, d'ici la fin de l'année. Une inquiétude d'autant plus forte que la France compte 140 000 actifs supplémentaires en un an, en grande partie en raison des effets de la réforme des retraites, augmentant mécaniquement la pression sur le marché de l'emploi.
Alors que l'apprentissage était présenté comme un fer de lance de la politique pour l'emploi des jeunes, cette réforme remet en cause son dynamisme. La question qui se pose désormais est de savoir si l'économie française pourra absorber le choc de la perte de dizaines de milliers de précieuses formations en entreprise.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters