Vie chère / Robert Parfait : " Il faut mettre en place une véritable continuité territoriale économique : l'État doit compenser"
Les patrons des principaux groupes de distribution alimentaire, GBH, CréO, SAFO, Parfait, étaient auditionnés ce mercredi 11 décembre par la délégation sénatoriale aux Outre-mer, au Palais du Luxembourg, dans le cadre d'un " rapport d'information sur la lutte contre la vie chère ".
La parole est aux " représentants de la grande distribution dans les territoires ultramarins ". Les sénateurs impliqués dans un travail sur " la lutte contre la vie chère " - initié la suite de la crise sociale la plus récente – ont choisi d'auditionner les dirigeants des groupes bien connus GBH, CréO, SAFO et Parfait. Objectif, résumé par la sénatrice (Les Républicains, LR) de Saint-Barthélémy, présidente de la délégation aux Outre-mer de la Haute assemblée : faire " de la pédagogie " et la lumière sur des crises " récurrentes ".
" Les causes de la vie chère, on les connaît, commence Stéphane Hayot, directeur général du groupe qui porte le nom de son père, le Groupe Bernard Hayot (GBH). Il s'agit de l'étroitesse de nos marchés et de notre éloignement de nos sources d'approvisionnement, qui entraîne des frais d'approche considérables ". Le dirigeant de GBH est le seul à être présent physiquement au Palais du Luxembourg, à Paris, les autres participants à la " table ronde de lutte contre la vie chère " témoigneront depuis les Antilles, en visio-conférence.
Même s'ils n'ont pas tous fait le déplacement, les dirigeants auditionnés vendredi partagent à 100% le constat dressé par Stéphane Hayot. Pour que le tableau soit complet, il faut y ajouter " la casse, supérieure à l'Hexagone ", les " démarques " plus importantes et la fiscalité, c'est-à-dire la TVA et l'octroi de mer. " Ce qui est vrai en Martinique l'est dans tous les territoires insulaires, poursuit le directeur général de GBH. Prenez Hawaii ou bien la Barbade, par exemple. Les produits là-bas sont importés des USA et d'Angleterre : les mêmes causes produisent les mêmes effets. "
« Mettre en place une véritable continuité territoriale économique »
Sollicités par les sénateurs et les sénatrices afin de remédier à ce fléau de surcoûts pouvant aller jusqu'à 60% sur des produits comme les pâtes alimentaires, les " représentants de la grande distribution dans les territoires ultramarins " ont aussi en partage les solutions à apporter au problème.
" Il faut mettre en place une véritable continuité territoriale économique : l'État doit compenser les frais d'approche engendrés par l'éloignement ", suggère Robert Parfait, président du groupe éponyme. Selon lui, " la péréquation ", c'est-à-dire la baisse des taxes et des frais d'approche sur certains produits au détriment de ceux à plus haute valeur ajoutée comme les produits électroniques, ne peut être que " temporaire ". " On va calmer la population avec des baisses de prix sur 6 000 produits mais ils vont hurler quand ils vont voir le prix des autres produits. L'objectif de mesures pérennes doit aller vers une véritable " continuité territoriale " qui permette au bassin de 60 millions de consommateurs de compenser les surcoûts que génèrent nos marchés petits et lointains. "
« Préserver la compétitivité de vos entreprises »
Soutien à la production locale, échanges accrus avec les pays de l'environnement régional : les autres pistes suggérées par patrons et élus participant à la table ronde font également consensus mais sont présentées à des horizons moins immédiats. Il revient à l'élue de Saint-Barthélémy, Micheline Jacques, de clôturer la rencontre. " Nous prévoyons, à l'initiative du président du Sénat Gérard Larcher, d'élargir l'aide au fret aux produits de première nécessité dans la proposition de loi sur la vie chère sur laquelle nous travaillons, explique-t-elle. Nous espérons qu'à l'issue de ces auditions nous pourrons proposer des mesures qui améliorent la vie des Ultramarins. J'espère aussi que ces auditions permettront de faire tomber des préjugés stériles : vous êtes des acteurs économiques importants de nos territoires et il faut préserver la compétitivité de vos entreprises. "
J.S.
Le " protocole vie chère " toujours " suspendu "
Ils disent espérer que " le prochain gouvernement tiendra les promesses du précédent " : les patrons de la grande distribution dans l'Outre-mer sont suspendus à la nomination d'un nouveau Premier ministre afin qu'il enclenche les mesures prévues dans le protocole " vie chère " signé à la préfecture de Martinique.

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