TotalEnergies signe un engagement de 9 milliards de dollars au Suriname
Ce mardi 1ᵉʳ octobre, Patrick Pouyanné, PDG du groupe pétrolier, est apparu aux côtés de Chan Santokhi, président du Suriname, pour célébrer les accords d’investissements qui marquent le début de la phase de production d’hydrocarbures dans le pays.
Neuf milliards de dollars (USD) ! C’est le plus gros investissement étranger de l’histoire du Suriname. Nos informations nous avaient permis de confirmer à plusieurs reprises dans des articles précédents, les tendances menant à cette décision. Cependant, il restait à voir un engagement formel avant de pouvoir déclarer officiellement l’ouverture de l'ère pétrolière au Suriname. C’est désormais chose faite : le voisin de la Guyane entre dans le club des producteurs de pétrole et de gaz. Les prévisions les plus optimistes envisagent un début de production pour 2028.
Avec le lancement du projet pétrolier offshore GranMorgu (Mérou) dans le bloc 58, des puits seront forés, des installations sous-marines et des pipelines seront construits au cours des quatre prochaines années, et les modules seront placés sur la plate-forme flottante déjà acquise. Au total, environ 32 puits seront forés : la moitié pour la production de pétrole et l’autre moitié pour l’injection d’eau et de gaz nécessaires à l’exploitation des hydrocarbures. Deux foreuses seront utilisées.
Les retombées financières devraient être considérables, compte tenu des volumes de pétrole annoncés. Mais avant même que le pétrole ne commence à couler, l’intense activité liée à la construction et à la mise en service des installations va rapidement enclencher une phase d’hyperactivité économique au Suriname. Ce boom pourrait se produire dès les six prochains mois. Pour illustrer l'ampleur du projet, une plate-forme de neuf milliards de dollars représente l’équivalent de la construction de trois porte-avions Charles de Gaulle !
Si la plate-forme offshore va ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour le Suriname, elle met également en lumière une série de défis majeurs. Les infrastructures du pays ne sont pas prêtes à faire face à cette expansion. Voir par exemple notre article à paraître dans notre journal hebdomadaire ce vendredi : « Le boom de l’hôtellerie au Suriname ».
Les lacunes sont visibles tant sur le plan matériel qu’organisationnel et humain. Un effort massif sera nécessaire en matière de formation professionnelle pour répondre aux standards exigeants de l’industrie pétrolière et gazière. Le Suriname devra développer une main-d'œuvre qualifiée pour capter la manne économique engendrée par la demande croissante de services.
Un autre problème de taille concerne les exigences des entreprises internationales en matière de « bonnes pratiques de gouvernance » lors des passations de marchés et des prises de participation. L'échec récent du projet DP World en est un exemple frappant. Ce projet de construction d’un port sur la rive orientale de l’estuaire du fleuve Suriname, destiné à servir de base à l'industrie pétrolière, a été annulé en raison de doutes sur la provenance des fonds d’un des deux partenaires locaux. DP World, l’actionnaire principal basé à Dubaï, a refusé de poursuivre en l’absence de garanties sur la légalité des financements. Cette affaire illustre la complexité du contexte local dans lequel le Suriname devra naviguer pour tirer pleinement parti de son potentiel pétrolier. Nous reviendrons sur ce dossier dans un autre article.
Ne gâchons pas, cependant, la joie du Suriname. Félicitons le pays et lui souhaitons tout le succès possible dans cette nouvelle aventure économique.

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