Projet sucrier : la fin des quotas
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Projet sucrier : la fin des quotas

Kerwin ALCIDE

Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, a confirmé la semaine dernière la fin du système des quotas dans la production sucrière. Un système qui avait pénalisé le projet guyanais qui, du coup, est à mettre définitivement aux oubliettes.

. « Ça arrive trop tard! » La déclaration d'Antoine Karam est cinglante, à la mesure de l'espoir que ce projet avait suscité en Guyane à la fin des années 90. Il était à la tête de la Région quand le projet sucrier a vu le jour et a participé aux discussions avec le gouvernement de l'époque. Le projet, très ambitieux, devait s'étaler sur des kilomètres entre Sinnamary et Iracoubo et surtout créer des centaines d'emplois. Une expérimentation sur les différents types de cannes avait vu le jour. La classe politique était même arrivée à oublier ses différences idéologiques pour faire l'union sacrée autour du projet.
Mais les cannes n'ont jamais donné de sucre. La faute aux quotas imposés par l'Union européenne. C'est en tout cas la principale raison avancée par le gouvernement pour ne pas soutenir le projet. La Guyane, avec sa superficie démesurée, faisait peur aux producteurs antillais et réunionnais, sans oublier les betteraviers, autres producteurs de sucre.
Interrrogé en juin 1998, le secrétaire d'État en charge de l'Outre-mer Jean-Jack Queyranne mettait le doigt sur le problème des quotas. « Une réflexion approfondie doit être conduite sur le niveau du quota nécessaire pour cette implantation » , avait-il prévenu. Christian Paul, le nouveau secrétaire d'État à l'Outre-mer, annonçait en 2001 la fin du projet. Les Guyanais ont fini par comprendre que le projet avait été victime des quotas.
DÉFINITIVEMENT ARRÊTÉ EN 2017
Ce système permet aux départements d'Outre-mer producteurs et aux pays ACP (Afrique-Caraïbe-Pacifique) d'avoir la garantie d'écouler leur sucre sur le marché européen, jamais en dessous d'un prix de référence. Et s'ils ne parviennent pas à vendre la totalité de leur production, l'Union européenne s'engage à l'acheter au prix de référence.
Sauf qu'après 2017, le système des quotas sera définitivement arrêté et l'Europe n'aura plus aucune obligation vis-à-vis des producteurs. Pire, avec l'effondrement de ce système, d'autres pays aux coûts de travail bien plus abordables feront une concurrence accrue aux producteurs guadeloupéens et réunionnais, obligés de s'aligner sur les cours mondiaux. Dans ces conditions, aucun investisseur ne tentera de relancer le projet sucrier guyanais.

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