«Les pétroliers vont répercuter leurs pertes sur les gérants»
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"Les pétroliers vont répercuter leurs pertes sur les gérants"

P.R. & S.R.
Quelques heures avant la baisse des carburants, mardi, les automobilistes ont envahi les stations. Hier, elles étaient fermées. Aucune réunion n'a eu lieu (TF)
(TF)

Un gérant de station de la place a accepté de répondre à nos questions, sous couvert d'anonymat.

"Nous avons tous été surpris lorsque, mardi midi, Partick Collé, de la Guadeloupe, a annoncé la grève à la sortie de la réunion à Bercy. Notre représentant sur place n'avait même pas eu le temps de nous faire un compte-rendu que c'était déjà la panique aux pompes...", révèle ce gérant.

Les gérants subissent-ils la pression des pétroliers ? Réponse sans appel : "Nous avons des relations commerciales, mais nous ne nous positionnons pas par rapport à eux".

C'est pourtant une action commune que les deux parties mènent contre le décret Lurel. Notre gérant résume ainsi la situation : "Les contrats de gérance des stations durent trois ans et ne sont pas automatiquement renouvelables. Si le décret Lurel passe tel quel, les pétroliers voudront récupérer ce qu'il leur aura fait perdre. La seule façon pour eux sera de répercuter cette perte sur les gérants. Et notre seule façon de récupérer cette perte sera de la répercuter sur nos employés...", regrette le gérant, qui déclare travailler avec ses employés dans un "esprit de famille".

Selon lui, une station en Guyane vend en moyenne 210 000 litres de carburants par mois, avec un loyer de 6 000 euros par mois à payer aux pétroliers Sol, Rubi (Vito) ou Total. En effet, toutes les stations de Guyane, sauf celles de Mana et de la cité Brutus à Cayenne, appartiennent à ces trois pétroliers. Les gérants gagnent 11,04 centimes par litre de carburant vendu. Les pétroliers gagnent eux 9,08 centimes par litre vendu.

Il semble que les gérants guyanais aient encore plus à perdre que les gérants antillais. Les boutiques des stations en Guadeloupe rapportent chaque mois en moyenne 100 000 euros. "En Guyane, où il y a un libre-service à chaque coin de rue, nos boutiques rapportent 15 000 euros par mois en moyenne, explique notre gérant. Il faut comprendre qu'il n'y a pas de petits jeunes parmi les gérants. Nous sommes tous des anciens salariés qui ont repris des stations. Nous gagnons bien nos vies, mais nous ne sommes pas les nantis que l'on veut faire croire".
Les multicasquettes 
Autre différence entre les gérants guyanais et antillais : Patrick Collé, représentant des gérants de Guadeloupe, n'a qu'une casquette : celle d'un entrepreneur qui défend le développement de sa profession. En Guyane, Sylvie Désert, qui représente les gérants de Guyane en a plusieurs, puisqu'elle est également élue au Conseil régional et présidente du Comité du tourisme. Pourtant, notre gérant nous assure qu'il n'y a pas de conflits d'intérêts : "Sylvie Désert ne prend aucune décision toute seule. En tant que porte-parole des gérants, elle est totalement indépendante vis-à-vis de sa position d'élue. Pour elle comme pour nous, c'est parfaitement clair".
 
• À l'heure où nous écrivons ces lignes, une assemblée générale a lieu entre les gérants et les pétroliers pour décider de la suite du mouvement. 
 
Le dépôt de carburant gardé à temps complet
 
Depuis hier matin, les gendarmes gardent le dépôt de carburant de la Sara à Dégrad-des-Cannes. Une quinzaine de militaires va se relayer sur place pendant toute la durée du conflit. Les autorités, qui ont décidé de cette surveillance, redoutant autant une action des professionnels que celle de particuliers, mécontents du conflit. Une quinzaine de gendarmes à temps complet qui se relaient, c'est autant de gendarmes en moins pour lutter contre la délinquance.
 
 


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