Les locaux de l’usine Yana Wassaï inaugurés
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ECONOMIE

Les locaux de l’usine Yana Wassaï inaugurés

Gaëtan Tringham (g.tringham@agmedias.fr)
L'usine de transformation Yana Wassaï a été inaugurée ce 22 septembre.
L'usine de transformation Yana Wassaï a été inaugurée ce 22 septembre. • GT

 8 ans après le début du projet, les locaux de Yana Wassaï, à Montsinéry-Tonnegrande, sont enfin inaugurés. Lors de son entrée en production, elle deviendra la première usine de transformation de Wassaï et autres fruits amazoniens en Guyane. Une success story locale.

 Cela fait maintenant près de 24 mois que les travaux avaient commencé. Mais bien plus longtemps encore, 8 ans, que le projet a réellement démarré. « Cela m’a valu de nombreuses heures de sommeil perdues et de nombreux moments d’absence », témoigne Dave Drelin, le président de Yana Wassaï.

Son travail et celui de ses équipes est tout près d’aboutir. À quelques pas du Zoo de Guyane, les locaux de près de 2000 m² ont été inaugurés ce 22 septembre. Dotés d’équipements innovants, ils vont assurer le lancement de la toute première usine de transformation fruits locaux en Guyane. Avec le wassaï en tête de gondole, l’entreprise traitera aussi de l’awara, du cupuacu et du camu camu. Les produits ressortiront sous différentes formes : en pulpe fraiche ou surgelée, en poudre zéodratée, en huile, et en colorant. Pour cause, Yana Wassaï vise les divers marchés de l’agroalimentaire, de la cosmétologie et de la pharmaceutique.

Les 2000 m² de locaux sont fournis d'équipements innovants

Les machines étant désormais fonctionnelles, le début de la production aura lieu dans quelques semaines : « avant la fin de l’année », nous assure Franck Fontenelle adjoint en charge de la logistique et de la qualité.

« L’usine ne pourra perdurer que si tout le monde prend sa part dans le gâteau »
4 tonnes de produits par heure pourront être traités. Une quantité impressionante qui permettra de dépasser largement les frontières de la Guyane. Environ 10 % seront réservés à la demande locale, tandis que les 90 % restants partiront à l’export. L’entreprise fournira notamment l’hexagone et l’Europe. Des clients en Suisse et en Grande-Bretagne se montrent intéressés depuis un certain temps maintenant. Le Canada s’est aussi positionné sur les produits, révélait Dave Drelin dans un article publié en juin 2021 sur France-Guyane.

Dave Drelin, président de Yana Wassaï, lors de l'inauguration de ce 22 septembre. • GT

Le président estime le potentiel de progression de Yana Wassaï à « 10 à 12 % par an environ. Il reste donc de la marge. » Il prévient d’ailleurs lors de l’inauguration : « L’usine ne pourra perdurer que si tout le monde prend sa part dans le gâteau. Sinon, on pourrait s’essouffler », invitant ainsi de nouveaux producteurs à le rejoindre dans son aventure. Certains se sont déjà investis, mais ce sont 200 emplois qui devraient être créés, en tout, via la filière. Yana Wassaï détient aussi plusieurs centaines d’hectares de parcelle allouées par l’ONF pour sa propre production.

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« Apporter quelque chose au pays »
À l’usine, 10 emplois directs sont déjà pourvus. À terme, 40 personnes devraient être employés directement par la nouvelle boite. C’est largement assez pour que la commune sur laquelle elle est implantée puisse déclarer : « Toute la Guyane gagne avec ce projet. » Patrick Labeau, 1er adjoint au maire de Motnsinéry-Tonnégrande considère que « c’est un grand jour pour le monde rural. Yana Wassaï est une structure économique déjà bien ancrée dans son territoire. » Avant de lancer : « La richesse de notre commune est aussi, et d’abord, notre biodiversité. »

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Dave Drelin n’oubliera pas de rappeler l’aide essentielle apportée par le financement de l’AFD qu’il avait qualifié comme : « le facteur déclenchant. » Les fonds européens et différentes banques auront aussi permis la finalisation de cette usine.

Une usine grâce à laquelle il devrait pouvoir réaliser son envie « d’apporter quelque chose au pays. »


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L’État brésilien du Para, principal producteur… et concurrent
La façon dont le marché du wassaï s’est développé au niveau mondial pourrait largement servir de cas d’école pour tous les organismes ou institutions s’intéressant au commerce international, tellement le succès de la petite baie violette a été fulgurant.

Connue dans les états du nord-est du Brésil, le Para et l’Amapa, les voisins immédiats de la Guyane. Puis les sportifs, surfeurs et culturistes de toute nature, habitant plutôt les riches et grandes métropoles brésiliennes, s’en sont emparés.

Sorbets, glaces, boissons, plats cuisinés, alcools, smoothies et même bonbons et pâtisseries, tout ce qui, plus ou moins, se consommait sur les belles plages huppées de Copacabana ou Inpanema contenait du wassaï. Il n’en fallait pas plus pour lancer la machine. Ce fruit qu’on ne trouvait qu’à Belém a franchi les océans et ses dérivés alimentaires ou cosmétiques sont maintenant proposés un peu partout dans le monde, en Europe, aux États-Unis, en Australie et même au Japon.

Résultat : dans les années 2010, moins de cinq ans après son « émergence » commerciale, la production brésilienne de wassaï dépassait les 700 000 tonnes par an ; dix ans après, ce chiffre a quasiment doublé, faisant du Brésil, et plus spécifiquement de l’état du Para, le premier producteur au monde de wassaï avec 1,3 million de tonnes annuel, soit 95 % de la production brésilienne.

La valeur marchande est estimée à 1,5 milliard de dollars, soit 3 % environ du PIB (Produit Intérieur Brut) de l’état. Les exportations représentent 3 à 4 % de la production annuelle.

Source Wassaï de Guyane : le projet enfin à maturité
Une partie des équipes de Yana Wassaï lors de l'inauguration de ce 22 septembre. • GT