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Economie

Un petit pas de plus pour Yana Wassaï, un grand pas pour l'activité industrielle en Guyane

Iris Joussen Jeudi 6 Mai 2021 - 17h03
Un petit pas de plus pour Yana Wassaï, un grand pas pour l'activité industrielle en Guyane
Tous les acteurs finançant le projet ont signé le 6 mai 2021 les conventions de financements à hauteur de 3,8 millions d'euros pour ce projet de 9 millions d'euros.

Le financement est acté. Dave Drelin et son entreprise Yana Wassaï vont recevoir une aide de 3,8 millions d'euros pour un projet à hauteur de 9 millions d'euros. La signature est symbolique mais entérine sur notre Territoire l'arrivée d'une usine de 2 000 m2 dédiée à la transformation du wassaï, l'awara et le cupuacu pour des débouchés dans l' agro-alimentaire et la cosmétologie dans le monde entier.

Ce financement, cela faisait six ans qu'il l'attendait. Tout part d'une discussion en famille et d'une volonté de se reconvertir. Dave Drelin veut faire comme son père en se rapprochant de l'agriculture. Dans l'idée de revaloriser des produits guyanais, il pense au wassaï. Le fruit est riche en anti-oxydants, en fer et est énergisant. Même ses résidus sont plein de fibres. C'est décidé, Dave Drelin veut en faire son "or pourpre".

Après avoir fait murir son projet pendant un an, il frappe à la porte de l'Agence Française du Developpement. Pour l'institution, ce projet ne ressemble en rien à ses investissements habituels : "On finance des centrales d'energies renouvelables de grande envergure et des groupes plus structurés. Pas une PME proposant une création de projet" admet Alison Brunier. Et pourtant, l'agence est immédiatement séduite. "Le projet était risqué mais le marché intéressant avec un beau potentiel de création d'emplois. Il y aura 30 employés en interne et 400 au total."
"Les financeurs ont mouillé leurs chemises pour ce projet risqué "

Malgré le soutien de l'AFD et même du MEDEF Guyane pour faire du lobbying auprès de tous les acteurs et financeurs, la route a été longue. Mais après 5 ans d'attente, Yana Wassaï parvient à obtenir un (pluri) financement atypique : deux banques publiques, une banque privée, des fonds européens et une défiscalisation de 2 millions d'euros. Au total, 3,8 millions d'euros vont ainsi être débloqués.

Entre les montants en jeu et la pluralité d'acteurs, la signature des conventions cet après-midi prend beaucoup de temps et mérite sa coupe de champagne. "Tous ces financeurs ont mouillé leurs chemises" lance Dave Drelin au moment de trinquer.

Début des activités : 2022
Les travaux ont déjà bien avancé pour construire cette usine de 2 000 m2  "La livraison est prévue en décembre 2021. La production démarre au premier semestre 2022" annonce le président de la société. C'est déjà trop tard pour certains clients. A défaut de les transformer, l'entreprise livre déjà les fruits du wassaï pour les faire patienter. Pour la suite, l'entrepreneur va travailler avec des agriculteurs de l'ensemble du Territoire qui s'affilieront en coopérative. Ce sera une collaboration 100% guyanaise, même pour le cupuacu, présent dans l'Amazonie. L'ONF concèdera par ailleurs  400 hectares de pinotières à l'entreprise. "Elles seront aménagées pour servir à une production naturelle" certifie l'entrepreneur.

Vu l'envergure des activités, 90% de la production et transformation est vouée à l'exportation, le marché local ne pouvant à lui seul tout absorber. Yana Wassaï exportera ses produits en Europe mais pas que... Le Canada est lui aussi interessé. Surtout que l'entreprise vise différents marchés : de l'agro-alimentaire à la cosmétologie en passant par le pharmaceutique.

Montsinéry : terre des green-tech

Pour la partie cosmétologie, l'entrepreneur est d'ailleurs en partenariat avec un autre gros projet similaire de cette envergure que France-Guyane a suivi : l’ Amazonactiv Valley porté par Mariana Royer. Il s'agit d'une plateforme technologique qui vise elle aussi à valoriser les bioressources végétales guyanaises à partir de leur extraction et de les transformer pour des applications dans différents secteurs. Tout comme Yana Wassaï, l'usine de transformation de 3000 hectares prendra place à Montsinéry. Malgré la proximité sur certains projets, aucune concurence. "Le projet de Mariana Royer est plus centré sur l'extraction de molécules et moi sur la transformation en jus et pulpe congelée ou en poudre. Quand nos domaines se rejoignent, nous collaborons. Pas de risque de concurrence en Guyane, il y a tellement de place".

Pour revoir le facebook live de l'interview croisé de Dave Drelin et Alison Brunier de l'AFD :

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1 commentaire

Vos commentaires

Paassy 08.05.2021
Très beau fiasco à venir

Je comprends pas, en Guyane on a déjà par le passé jeté par les fenêtres des sommes astronomiques pour financer des projets qu'on savait déjà non viables économiquement (le riz de Mana par exemple) et là, on recommence !
Bien que subventionnée, cette entreprise vendra le litre de wassai congelé plus cher que celui vendu frais auprès des petits producteurs locaux. Quand à l'international, idem que le riz de Mana, ça ne pourra jamais être plus compétitif que le Brésil par exemple, jamais.
Alléchés par des prix d'achat surréalistes en coopérative, des agriculteurs se lancent à fond dans la plantation de Wassai et de Cupuaçu mais gare à la douche froide car leur production va très vite être rachetée à un prix dérisoire, seule condition pour que Yana Wassai garde la tête hors de l'eau pendant quelques années pour profiter des subventions et après ça sera fini.
Seule une petite poignée se sera copieusement enrichie sur le dos des autres, comme d'habitude.

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