Les fusées Vega de retour sur le pas de tir en 2023
L'Agence spatiale européenne (Esa) a annoncé dans une conférence de presse parisienne, ce vendredi 3 mars, avoir identifié les causes de l'échec de décembre dernier et mis en place de nouvelles procédures. Deux Vega, dont une fusée Vega-C de dernière génération, pourront être tirées au cours de l'année 2023.
Le monde du spatial européen tient à faire passer le message que la page est presque tournée. L'Agence spatiale européenne (Esa) a confirmé ce vendredi 3 mars, dans une conférence de presse tenue dans ses locaux parisiens, que les prochains lancements de fusées italiennes Vega auraient lieu en 2023. Une première fusée Vega doit être tirée depuis Kourou « avant la fin de l'été » et une fusée Vega-C « avant la fin de l'année », selon Josef Aschbacher, directeur général de l'Esa.
Afin de ne pas donner l'impression que le pas de tir de Kourou est déserté après les crises à répétition et le départ des Russes de Soyouz pour cause de guerre en Ukraine, l'Esa a pris soin de confirmer que « deux lancements d'Ariane 5 auront lieu cette année dont le prochain est prévu le 13 avril et le dernier au mois de juin ». Le premier lancement d'Ariane 6 est toujours prévu « avant la fin de l'année ».
La conférence de presse de ce vendredi était toutefois un peu laborieuse : avant de se projeter dans le calendrier et d'annoncer que « des mesures fortes ont été prises pour assurer l'accès indépendant de l'Europe à l'espace », les dirigeants du spatial européens ont du battre leur coulpe. « Nous avons eu des moments difficiles, nous présentons nos excuses à nos clients et aux personnes impactées par cet échec », a commencé Stéphane Israël, pdg d'Arianespace. Depuis le 21 décembre dernier et l'échec de Vega-C, la dernière génération de ces fusées italiennes décrites comme de « petits lanceurs », le flou le plus total régnait sur l'avenir du spatial européen. Tout le programme Vega était suspendu.
« Nous avons identifié sans aucun doute les causes de l'échec du lancement du 21 décembre dernier, a détaillé pour la presse Pierre-Yves Tissier, directeur technique d'Arianespace. Il s'agit d'un problème d'homogénéité du matériel sur une tuyère. La mauvaise homogénéité a conduit à un défaut comparable à de la porosité. » Soumise à des températures extrêmes, plus de 3 000 degrés, la tuyère n'a pas résisté et n'a pas permis à la fusée de poursuivre sa route sur une trajectoire adéquate. Le contact a été perdu avec la fusée qui emportait deux satellites Neo et dès lors la mission a été un échec.
Fournie par l'entreprise ukrainienne Avio, la tuyère problématique n'équipe pas les fusées italiennes de la génération précédentes, les Vega. C'est la raison pour laquelle un lancement de cette fusée a déjà pu être programmé pour les six prochains mois. Pour les prochaines Vega-C, l'Esa assure que « la commission indépendante qui a enquêté sur les causes de l'accident a émis une série de recommandations qui renforcent la confiance sur ce lanceur ». L'agence spatiale assure par ailleurs que « le design de la tuyère n'est pas en cause », seulement la composition, défectueuse. « Nous avons déjà vendu 16 vols de Vega-C : cela montre que la demande est là, que le marché est là, se rassure encore Stéphane Israël, pdg d'Arianespace. Tout ce que nous avons à faire, c'est d'assurer la fiabilité. La fiabilité, la fiabilité, la fiabilité. »
Ariane 6 ayant pris du retard, les Russes de Soyouz s'étant désengagés de la Guyane, un véritable problème de souveraineté était apparu par rapport à l'accès indépendant de l'Union européenne à l'espace. En présentant ses conclusions moins de trois mois après l'échec du lancement, l'Esa veut envoyer le message qu'il n'y a pas de temps à perdre pour tourner cette page douloureuse de l'histoire du spatial européen.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters