Les eaux guyanaises : riches, mais en danger
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LA GUYANE, LA MER

Les eaux guyanaises : riches, mais en danger

Michel LE TALLEC

Face à ce qu’ils estiment être « un pillage de nos ressources maritimes sans aucune réaction de l’État », élus et représentants de la pêche professionnelle se sont récemment réunis, à Sinnamary, pour dénoncer « le fléau de la pêche illégale » (nos précédentes éditions). Des décisions ont été prises. Mais, au-delà de ces actions, nous avons voulu savoir quelles étaient les spécificités halieutiques des eaux guyanaises et surtout où en étaient les stocks de trois espèces emblématiques de la région, la crevette, l’acoupa rouge et le vivaneau. Rencontre avec Michel Nalovic, ingénieur halieute depuis 2007 au sein du CRPM (Comité Régional des Pêches Maritimes) de Guyane.

En matière de ressources, y a-t-il une spécificité des eaux guyanaises ?

Indiscutablement. Sans rentrer dans des détails trop techniques, il faut savoir qu’en Guyane, les eaux côtières, associées aux eaux océaniques, et en comptant le courant amazonien, génèrent une sorte de tourbillon, pratiquement calqué sur le tracé du littoral guyanais. Soit une sorte de poche longue de 350 kilomètres et profonde sur plus de 300 kilomètres au large. Cela donne un vrai réservoir de petits organismes vivants, comme le plancton, à la base de la chaîne alimentaire. Les petits poissons s’en nourrissent, lesquels sont mangés par de plus gros, et ainsi de suite… jusqu’aux grandes espèces pélagiques, au large, comme le thon, le marlin… Dans cette poche, très riche, nous avons recensé plus...

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