Arianespace a programmé quatorze lancements cette année (DR)
Après une année 2013 décevante, l'activité spatiale s'apprête, avec quatorze lancements annoncés cette année, à offrir aux hôteliers kourouciens un taux de remplissage exceptionnel.
L'annonce faite il y a quelques semaines par Arianespace a donné le sourire aux hôteliers de Kourou dont l'activité reste étroitement liée au spatial. « Le ciel va être éclairé » , lance enthousiaste Marie-Céline Boisgard, directrice de l'Atlantis. Un enthousiasme teinté toutefois de prudence. « J'attends avril pour voir s'ils feront les trois lancements comme annoncé » , ajoute-t-elle.
Dans l'hôtellerie à Kourou, l'optimisme est souvent de mise en début d'année. L'an passé, l'annonce de dix lancements avait été ressentie comme la promesse d'affaires florissantes, en tout de cas de remplissage assuré tout au long de l'année. Surtout que les hôteliers sortaient d'une année 2012 considérée comme formidable commercialement, avec neuf lancements depuis Kourou. Finalement, le dernier exercice a laissé un goût amer car seulement sept lancements ont été réalisés. Moins de lancements, moins de clients, peu d'hébergements. Marie-Céline Boisgard avait même embauché deux personnes pour faire face aux dix lancements. « Il y avait trop de personnels par rapport aux clients présents » , admet-elle après coup. Marie Le Hir, directrice générale du Mercure-Ariatel, elle, évoque un taux de remplissage de 47% en 2013, bien loin des attentes. Beaucoup considèrent que l'année écoulée a été aussi « difficile » que les années noires de 2003, 2004 et 2005. A l'époque, le ralentissement de l'activité avait obligé bien des hôtels à se séparer de leurs salariés. Personne ne veut revivre cette période. « Nous sommes tous dans le même bateau » , reconnaît Marie Le Hir, dont l'activité est liée à plus de 80% au Centre spatial guyanais. Car quand le spatial va, l'hôtellerie kouroucienne va.
ATTIRER D'AUTRES CLIENTÈLES
Avec douze à quatorze opportunités de lancement cette année, les hôtels peuvent espérer un taux de remplissage de 80%. « Si le spatial assure son programme, on peut vivre du spatial » , reprend Marie- Céline Boisgard, qui se veut rassurante. À l'hôtel des Roches, plus vieil établissement de la commune, l'annonce rassure aussi. Propriété du Centre national d'études spatiales (Cnes), l'hôtel accueille à la fois le personnel en charge de la préparation des satellites et les clients VIP d'Arianespace.
Et malgré son lien étroit avec le Cnes, l'établissement, comme les autres hôtels, est confronté aux aléas de l'activité spatiale. « Vivre essentiellement du spatial, c'est un choix » , concède Patricia Lhénoret, la directrice des Roches, qui a fait le choix de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. L'an passé, pour compenser la baisse d'activité, « on s'est efforcé de se tourner vers d'autres clientèles » , admet-elle. Le spatial garantit aux Roches plus de 30% de son activité. Entre deux campagnes de tir, l'hôtel accueille séminaires, congrès et bien d'autres activités. Mais malgré tout, on garde un oeil rivé sur le calendrier des tirs.
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