Le new deal des patrons guyanais
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Economie

Le new deal des patrons guyanais

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr
Thara Govindin, présidente du MEDEF Guyane envisage de développer un Centre de formations des apprentis hors les murs dans le BTP. Une pénurie de maçon frappe ce secteur.
Thara Govindin, présidente du MEDEF Guyane envisage de développer un Centre de formations des apprentis hors les murs dans le BTP. Une pénurie de maçon frappe ce secteur. • XPLP

Thara Govindin, en tant que présidente du Medef Guyane et de la délégation outre-mer du syndicat a porté une parole d'urgence auprès des politiques parisiens : sécurité, inflation, pouvoir d'achat, énergie, formation et emploi.Tout y est passé afin d'établir les bases d'une nouvelle gouvernance.

Que les patrons guyanais se rassurent Thara Govindin ne s'est pas convertie au keynésianisme. Elle reste la présidente libérale de la branche guyanaise du mouvement des entreprises de France (Medef) qu'on connaît.

Pour autant, c'est convaincue de l'importance d'un New deal pour notre territoire qu'elle est partie bâton d'entrepreneur en main prêcher dans les ministères et lors de la rentrée économique de son syndicat patronal.
Le New deal n'est pas à entendre comme la politique menée par le président Roosevelt aux États-Unis dans les années 30. La commande publique via de grands travaux avait soutenu puis relancé la machine américaine. En Guyane, la commande publique remplit déjà son rôle malgré des chantiers très en retard.

Il s'agit de revoir le partenariat entre l’Etat et les territoires ultramarins à travers deux axes opérationnels. Premier axe : fournir plus de moyens techniques, d'ingénieries financières, réglementaires et normatifs favorables à la création de valeur ajouté. Second axe : Poursuivre la démarche de simplification et d’adaptations des dispositifs de financements existants aux réalités des entreprises”, détaille la cheffe d'entreprises.
Thara Govindin a rencontré par trois fois le ministre délégué à l'Outre-mer Jean-François Carenco lors de son séjour parisien. "On ne va pas attendre six mois pour répondre à l'urgence que réclame le monde économique guyanais", espère la cheffe d'entreprise. • DR

Cette nouvelle politique doit offrir plus d'emploi et donc de recettes fiscales aux collectivités.
Continuité territoriale, formation, sécurité : les bases du développement économique
Thara Govindin qui occupe depuis janvier et pour deux ans la présidence de la délégation outre-mer au sein du Medef a donc rencontré le ministre délégué à l'Outre-mer, (Mom) Jean-François Carenco. “J'ai pu lui exposer les quatre prioritaires pour nos territoires : Sécurité économique, notamment en Guyane et à Mayotte ; Compétitivité et emploi, l'Etat doit permettre l'allègement des charges sociales et fiscales, revoir la règlementation, la formation des jeunes et des collaborateurs. L'ingénierie territoriale est manquante. Il faut former, former et encore former. Troisième point, l'énergie : comment parler de transition sur des territoires sous-équipé en matière d’infrastructure énergétique ? Et enfin la continuité territoriale.

Il est toujours intéressant de rappeler que le dispositif de l'agence outre-mer pour la mobilité (Ladom) a couté 2,77 millions d'euros pour 8 559 bons utilisés. Des bons entre 270 euros pour les Antilles à 400 euros pour Mayotte et 300 euros pour la Guyane qui permettent une réduction sur le billet d'avion pour des personnes dont le quotient familial est inférieur ou égal à 11 991 euros. Il faut attendre trois ans entre chaque demande d'aides. La Corse perçoit prés de 187 millions d'euros pour la continuité territoriale, une dotation tellement généreuse qu'elle n'arrive pas à tout dépenser. Un reliquat de 137 millions d'euros existait en 2021.

Le second point abordé par Thara Govindin souhaite mettre en place un calendrier de travail. Le Mom et le Medef se rencontreront deux fois par an. Le prochain échange est prévu courant novembre.
Je déplore de ne pas être écoutés par les politiques.Nous ne sommes consultés qu'en urgence. Personne ne m'a demandé d'écrire une synthèse de nos attentes, de nos besoins par rapport à la rencontre avec le président Macron. Jusqu'à preuve du contraire, c'est le monde économique qui fait fonctionner un territoire. Nous avons une vision de l'économie nécessaire à la Guyane”, promeut la présidente des patrons de Guyane.
Une vision qui a parfois du mal à trouver le consensus notamment quand il s'agit de discuter de la pérennité de l'octroi de mer. Entre les commerçants qui souhaitent passer à la TVA et le secteur de la BTP qui se contente de l'octroi de mer, le débat continu. Entre une taxe payé directement comme l'octroi de mer ou les impôts collectés comme la TVA.

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