Félix Eboué : quand les automobilistes paient le prix de l'attente au dépose-minute
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ECONOMIE

Félix Eboué : quand les automobilistes paient le prix de l'attente au dépose-minute

Gaëtan Tringham (g.tringham@agmedias.fr)
Ce 15 aout déjà bien avancé dans la file d'attente du dépose minute de l'aéroport Félix Eboué
Ce 15 aout déjà bien avancé dans la file d'attente du dépose minute de l'aéroport Félix Eboué • GT

 10 minutes maximum ! Hier, des queues excessivement longues au dépose-minute de l’aéroport ont forcé des usagers à payer le prix de cette attente dont ils n’étaient pas responsables. La direction de Félix-Eboué réagit.

 Les usagers paient le prix de l’attente au dépose-minute. Est-ce une mauvaise gestion de l’aéroport ou le résultat de l’incivilité de ceux qui ne comprennent pas le principe d’un « dépose rapide » ? Un peu des deux probablement.

Hier après-midi, 15 aout 2022, de nombreuses personnes étaient présentes à l’aéroport : soit pour récupérer des proches de retour de France hexagonale, soit pour en déposer.

Ce n’est pas la première fois que des embouteillages se forment sur cette voie unique. Mais hier, « c’était une catastrophe », concède Paul Cheung A Long, directeur de l’aéroport Félix-Eboué. Plusieurs dizaines de véhicules bloqués sans pouvoir avancer. Nous avons été les témoins directs de cette grande journée de chassé-croisé. Arrivés au dépose-minute à 15 h 29, nous n’avons pas pu en ressortir avant 15 h 57. Étant donné que le temps maximal pour profiter de la gratuité du service est de 10 minutes, le prix en sortie a été de 9 euros...

« Certains se permettent de tout bloquer au détriment des autres »
« Si on en est arrivé là, c’est parce qu’il y a de l’incivilité », se défend Paul Cheung A Long. « Plutôt que de déposer rapidement les passagers, certains se permettent de rester là et de tout bloquer au détriment des autres. »

Plus tard dans l’après-midi, le directeur a été informé de cette situation et a demandé à ce que les barrières soient ouvertes pour fluidifier le trafic et faire passer le reste des voitures gratuitement.

« Sans l’aide des forces de police, on a peu de de moyens de faire sortir ces gens-là. On est confrontés à ça tous les jours : les gens posent leurs voitures et s’en vont à l’intérieur. » Et lorsqu'à cette situation s’ajoute une journée de grande affluence comme hier, forcément les problèmes s’accumulent : « Ce sont les vacances. Les vols sont très chargés en ce moment », indique encore le directeur de l’aéroport. Le taux de remplissage des avions approche les 95-97% en ce moment selon lui.

Quand l’incivilité crée de l’emploi
Les automobilistes qui ont dû payer le prix de cette attente ne devraient pas être remboursés : « Je ne peux pas rappeler tout le monde », répond Paul Cheung A Long. Mais la direction réagit tout de même. Les trois agents habituellement positionnés aux sorties des parkings seront désormais placés autour des emplacements du dépose-minute. Ils auront désormais pour instruction de faire circuler rapidement les automobilistes s’engageant sur cette voix. « Il n’y a que comme ça que je peux y arriver, parce que je ne peux pas compter sur la police pour m’aider », ajoute encore le directeur.

Autre situation handicapante pour la gestion du trafic : les véhicules garés au niveau du rond-point positionné avant l’entrée des parkings. Le stationnement à cet endroit est interdit. Le directeur déplore encore peu de contrôles de police à cet endroit : « Des fois, il y a des bus qui viennent chercher ou déposer des équipages. Ils ne peuvent même pas tourner au rond-point. Et un bus bloqué, ça crée des embouteillages à cet endroit aussi... avant même que les gens puissent entrer. »

« Il y a beaucoup d’incivilités. Les gens ne veulent rien payer alors que l’on doit gérer l’aéroport comme une entreprise. Et on a toujours des frais à payer pour les techniciens et les équipements », souffle enfin Paul Cheung A Long.