Faire du tourisme à Saint-Élie, c'est presque possible
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Faire du tourisme à Saint-Élie, c'est presque possible

Marine JACQUES

La mairie a construit un carbet confortable, apte à accueillir les touristes (DR)

Une zone de baignade vient d'être aménagée. La réception du chantier aura lieu mercredi prochain, le 13.

(DR)

La commune a construit un carbet tout confort et aménagé une zone de baignade... de quoi réserver un bel accueil aux touristes et concrétiser le projet de repeuplement.

Il fait bon vivre à Saint-Élie. En ce week-end de Pâques, les quelques habitants démarrent leur journée au rythme des sons grouillants de la forêt. Un employé communal circule en petite voiture de golf. Il est 10 heures, les touristes arrivés la veille dorment encore. « Je vous l'avais dit : à Saint-Élie, on dort jusqu'à midi » , claironne un habitant. Les visiteurs ont le privilège de découvrir le nouveau carbet tout confort de la commune : douche, toilettes, électricité, barbecue, détecteur de fumée, etc. Ils profitent aussi de la zone de baignade surveillée, dont la réception officielle aura lieu mercredi prochain. Avec ces nouvelles infrastructures, Saint-Élie se donne des airs de village vacances.
UN PROGRAMME ALLÉCHANT
Un habitant, ravi de voir de nouveaux visages, organise une visite guidée. Au programme : balade dans le bourg, découverte des vestiges de la voie de chemin de fer, construite par les bagnards au XIXe siècle, et observation des sites d'orpaillage de la Société minière de Saint-Élie (SMSE). À l'entrée de la mine, un panneau interdit l'accès au public. « Soyez les bienvenus! » lance pourtant un orpailleur au groupe de visiteurs.
La commune parviendrait-elle à développer le tourisme ? Aucune annonce officielle ne le certifie. Contactée à plusieurs reprises, le maire, Véronique Jacaria, « ne souhaite pas communiquer pour l'instant » . Sans doute pour éviter de mettre la charrue avant les boeufs... Il est vrai qu'il serait prématuré d'ouvrir grand les portes de Saint-Élie aux touristes, tant, déjà, elle est difficile d'accès (lire ci-contre).
RINGUET EN RÊVAIT, JACARIA LE FAIT
Le développement du tourisme est un point essentiel du projet de repeuplement de la commune. Ce projet ambitieux avait été lancé en 2009 par le maire de l'époque, Charles Ringuet. En 2014, Véronique Jacaria et feu Alain Michel, qui faisaient partie de son équipe, lui ont reproché de trop tarder à faire avancer le dossier. Ils se sont présentés contre lui et ont remporté les élections.
Le repeuplement est un véritable enjeu pour Saint-Élie. Le sous-sol du bourg suscite les convoitises des sociétés minières. « Je comprends ces appétits de fouiller le bourg. À la moindre occasion, il y a un accident » , avait déclaré Alain Michel sur Guyane 1ère, le 1er mai 2015. L'élu faisait référence au différend que la mairie avait eu avec Carol Ostorero. La dirigeante de la SMSE avait bloqué l'accès au bourg pour éviter que ses employés aillent s'encanailler avec « les filles de joie » au seul bar du bourg.
L'ambiance y est pourtant sympathique. Les visiteurs privilégiés semblent apprécier le cours de samba improvisé avec la serveuse du bar. Un employé communal se réjouit de voir qu'ils aiment leur séjour : « Prenez des photos de Saint-Élie, et parlez-en autour de vous! » , incite-t-il. Saint-Élie, future attraction touristique ? Le rêve de Charles Ringuet de transformer le bourg en un lieu dédié à l'histoire de l'or verra peut-être le jour grâce à ses adversaires.
Une zone de baignade vient d'être aménagée. La réception du chantier aura lieu mercredi prochain, le 13.
Une zone de baignade vient d'être aménagée. La réception du chantier aura lieu mercredi prochain, le 13.
Un long périple
Si la commune a de quoi réserver un bel accueil, les conditions pour y accéder restent compliquées. Depuis Cayenne, il faut parcourir une centaine de kilomètres sur la nationale et emprunter la route qui mène au barrage de Petit-Saut, à condition d'avoir une autorisation. Car l'arrêté préfectoral de 2001 interdit la circulation sur cette portion de route. « Les contrôles sont fréquents. Si un conducteur n'a pas d'autorisation il peut être verbalisé » , rappelle Guillaume De Roquigny, lieutenant-colonel à la compagnie de gendarmerie de Kourou.
Au barrage, s'ensuit plus d'une heure de navigation entre les arbres morts du lac. Une fois arrivé au débarcadère du PK6, un quad ou un 4x4 est de rigueur pour parcourir les 27 kilomètres de piste qui mènent à Saint-Élie. Le tout par ses propres moyens.
Depuis l'aménagement de la route entre le PK6 et le PK9, rien n'a été mis en place pour faciliter l'accès aux visiteurs. Il y a bien une piste d'hélicoptère mais le voyage est onéreux. « Des discussions sont en cours avec les collectivités publiques » , indique un employé communal, sans plus de précision.

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