Coupures d'eau : la direction de la SGDE dénonce des « comportements totalement inadmissibles »
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ECONOMIE

Coupures d'eau : la direction de la SGDE dénonce des « comportements totalement inadmissibles »

Gaëtan Tringham (g.tringham@agmedias.fr)

 La direction de la SGDE monte au créneau après les multiples coupures d'eau enregistrées ce week-end. Ils accusent les grévistes de « comportements totalement inadmissibles. » Face à un mur, les négociations sont mal embarquées. 

 Kourou et Macouria vendredi. Matoury, Rémire-Montjoly et Cayenne samedi. Puis, les locaux de la CACL, la gendarmerie de Rémire-Montjoly deux collèges à Saint-Laurent et encore Sinnamary. Voici les coupures d’eau signalées par la direction de la Société guyanaise des eaux (SGDE) depuis vendredi.

Ils accusent les salariés – en grève depuis mercredi dernier – d’en être responsables. Plus encore, le comité de direction de la SGDE se dit « choqué » que ces employés « osent se targuer être à l’origine des coupures. D’autant plus que c’est complètement illégal. »

Sans avouer directement, le représentant syndical derrière le mouvement de grève, Therence Christophe, rappellera sur ce point que les coupures sont leur « unique moyen de pression. »

Face à cela, Philippe Swyngedau, directeur général délégué, exprime son « regret le plus profond vis-à-vis des guyanaises et guyanais qui sont victimes de comportements totalement inadmissibles de la part de certains de nos collaborateurs. Notre raison d’être à la SGDE : c’est de servir la population et distribuer de l’eau potable. On ne peut pas admettre que ces collaborateurs portent atteinte à la santé publique et prennent en otage d’une part la population, et d’autre part les non-grévistes. »

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« L’étendue de leurs demandes est tout simplement inacceptable et impossible »
Quant aux demandes de revalorisation salariale des employés, à hauteur de « 12 % », le directeur est direct. « Cela représente le double du résultat de la société. Si on acceptait de donner 12 % d’augmentation, demain, on ferme la boutique parce qu’on serait incapable de payer les salaires. »

Les grévistes ne veulent pas entendre cet argument : « Ils se basent sur les demandes du début des négociations, mais après, nous sommes revenus à la moitié. Puis, nous avons aussi mandaté un expert-comptable qui nous a envoyé les résultats de l’entreprise de ces trois dernières années. Il a affirmé que nos demandes n’auraient aucun impact sur le résultat de l’entreprise. Ses résultats ne correspondent pas à ceux que la direction nous présente », rétorque Therence Christophe.

Mais Philippe Swyngedau explique : « En tant que dirigeant de la SGDE, je n’ai aucune honte à avoir sur la façon dont nous rémunérons nos collaborateurs. J’imagine que de nombreux guyanais seraient largement heureux de bénéficier des mêmes conditions de rémunération et avantages de notre société. »

« On se retrouve dans une impasse puisque les grévistes refusent de se rendre à l’évidence. L’étendue de leurs demandes est tout simplement inacceptable et impossible », lance-t-il.

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Face au mur, la demande d'une médiation 
La direction a ainsi demandé une médiation auprès de l’inspection du travail, « parce que nous restons face à un mur sans avancée possible. On ne peut même pas discuter des autres points du cahier de revendication, car la délégation a insisté a dit qu’ils ne discuteront du point 2 qu’une fois que le point 1 aura été résolu. »

En ce qui concerne, le dernier des 11 points de revendications : « paiement des jours de grève et abandon des poursuite », la direction est ferme. Elle garantit qu’ « aucun jour de grève ne sera payé et l’abandon des poursuite, c'est évident que non. Non seulement c’est complétement illégal de couper l’eau, mais ça met en péril la population ; met en péril les enfants qui n’ont pas d’eau à l’école ; met en péril les institutions médicales ; met en péril l’image de la SGDE. C'est terminé »

La direction souligne enfin que, selon le décompte relevé par un huissier, ce sont 25 % des employés, et non 45 % comme communiqué initialement, qui se sont joints au mouvement de grève illimité.
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