Congé de naissance : le gouvernement dévoile les contours d'une réforme ambitieuse
Annoncé en début d'année par Emmanuel Macron, le futur congé de naissance vient de préciser ses modalités. D'une durée d'un ou deux mois par parent, il sera indemnisé entre 60 % et 70 % du salaire net et représentera un investissement de 300 millions d'euros dès 2026.
Cette initiative, momentanément suspendue après la dissolution de l'Assemblée nationale, retrouve aujourd'hui toute sa place dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Lors de son audition devant la commission des Affaires sociales, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a souligné le caractère "très attendu" de cette mesure. "L'objectif de ce congé supplémentaire de naissance est de permettre aux femmes et aux hommes de prendre un congé supplémentaire, s'ils en ont envie, d'un mois ou deux mois", a-t-elle expliqué.
Le congé de naissance se distingue par son niveau d'indemnisation avantageux. Comme l'a précisé la ministre Rist : "Ce congé sera bien rémunéré, soit 70 % de rémunération du salaire net le premier mois, 60 % de rémunération du salaire net le deuxième mois". Le montant exact de cette indemnisation, qui vient s'ajouter aux congés maternité (16 semaines) et paternité (28 jours) existants, sera gravé dans un décret. Cette approche progressive de l'indemnisation vise à concilier plusieurs objectifs : offrir un revenu décent aux parents tout en maîtrisant l'impact budgétaire de la mesure, et inciter à une prise de congé raisonnée adaptée aux besoins de chaque famille.
Jusqu'à quatre mois de présence familiale supplémentaire
La flexibilité est au cœur du nouveau dispositif. Chaque parent pourra prendre un ou deux mois de congé, avec la possibilité de les prendre simultanément ou en alternance. Cette organisation ouvre la possibilité pour les familles de bénéficier de jusqu'à quatre mois supplémentaires pour s'occuper de leur nouveau-né. Le PLFSS présenté il y a une semaine par le gouvernement précise que "chaque parent pourra prendre le congé simultanément ou en alternance avec l'autre, d'où la possibilité d'ajouter jusqu'à quatre mois" pour garder ses enfants. Le congé est conçu comme "non échangeable et non à temps partiel", une caractéristique qui vise à garantir l'égalité entre les femmes et les hommes dans la prise en charge des responsabilités parentales.
La mise en œuvre de ce nouveau dispositif représente un engagement financier significatif de l'État. La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a déclaré dimanche dernier que la création de ce congé de naissance constitue "un investissement budgétaire qui est fort. On l'estime à 300 millions d'euros dès la première année et sans doute plus en fonction du nombre de familles qui y auront recours". Cet investissement s'inscrit dans une vision à long terme de soutien à la natalité et d'accompagnement des familles, reconnaissant que les premières semaines suivant la naissance sont cruciales pour l'équilibre familial et le développement de l'enfant.
Une réforme qui s'inscrit dans un paysage plus large
Initialement, le gouvernement envisageait de remplacer le congé parental par ce congé de naissance, mais a finalement opté pour une approche plus nuancée. Le PLFSS précise que "des travaux vont être menés pour réformer le congé parental existant, de moins en moins utilisé", tout en reconnaissant que sa réduction ou sa disparition reste "difficilement envisageable à court terme" vu les "tensions qui pèsent aujourd'hui sur les modes de garde". Actuellement, le congé parental peut être pris à temps plein ou partiel jusqu'aux trois ans de l'enfant, avec une indemnisation d'environ 400 euros mensuels. Cette faible indemnisation explique en partie sa sous-utilisation, particulièrement parmi les foyers aux revenus modestes.
Les employeurs devront s'adapter à cette nouvelle donne, qui pourrait modifier les pratiques en matière d'organisation du travail et de gestion des absences. À long terme, cette mesure pourrait contribuer à réduire le "plafond de mère" et à favoriser le retour à l'emploi des jeunes mères.

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