« Un documentariste est presque un philosophe du monde contemporain »
Le premier Festival international du film documentaire Amazonie-Caraïbes se déroule du 14 au 18 octobre, au camp de la Transportation, à Saint-Laurent du Maroni. Patrick Chamoiseau, qui visionnera avec son jury 13 films en compétition et 9 hors compétition, revient sur le rôle du documentaire et sa place en Amazonie-Caraïbes.
Comment prenez-vous ce rôle de président du jury du premier Fifac ?
Je suis heureux qu’on me propose une aventure comme celle-là avec toute l’ambition que l’équipe du Fifac y met. Les Outre-mer sont une énigme... Tous nos artistes, tous nos penseurs, tous nos écrivains ont été confrontés à une énigme. Cette énigme, c’est une sorte de surgissement anthropologique absolument inédit dans l’histoire de l’humanité même si le processus des cultures et des civilisations a toujours été fait de carrefours, de rencontres... Mais là, avec le choc de la colonisation, avec sa violence inouïe et tout ce que l’Occident apporte comme lumières, il y a eu des phénomènes qui n’ont pas encore jusqu’à maintenant été suffisamment élucidés. Tous les processus de décolonisation sont faits sur la base de l’État-nation. Le monde colonial avait été divisé en empires par des États eux-mêmes verticaux, conflictuels. On a encore tendance à regarder le monde avec ce prisme alors que, depuis les années 1950, Glissant le dit, le monde est devenu le tout-monde, une sorte de nœud relationnel. Ce sont des flux relationnels extrêmement puissants, extrêmement constants, qui ont défait les communautés archaïques. Cette équation déterminante produit aujourd’hui une réalité mondiale qui est intéressante.

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