Mondial du rhum : les professionnels et amateurs en quête de nouvelles saveurs
Les professionnels et aficionados de la filière ont investi la Bourse de Paris, pour le deuxième Mondial du Rhum : 3 jours de rencontres et d’opportunités entre dégustations et spiritourisme.
Impossible de manquer le stand de la Riviera des Iles de Guadeloupe ! Il illumine l’entrée du Palais Brongniart. C’est une case de Guadeloupe entière qui a été recréée ici : accras et verrines pour appâter, Sabrina Robin vice-présidente du département en charge du tourisme et du patrimoine pour conclure l’affaire.
L’office du tourisme regroupant quatre communes (le Gosier, Saint-Anne, Saint-François et la Désirade) ne plaisante pas avec le Mondial du Rhum : « Nous étions déjà présents l’année dernière alors que nous n’avions pas encore décidé de mettre l’accent sur le spiritourisme, explique Patricia Azor, directrice générale des offices du tourisme de la Riviera du Levant. Nous voulons développer l’écosystème du rhum au-delà de la visite de la distillerie et de la vente du rhum. »
À voir passer les influenceurs asiatiques invités par les organisateurs ou un Rum Explorer polonais, on constate l’intérêt planétaire du rhum et de son Mondial. 2025 est l’année du spiritourisme dit Mme Azor : « Le spiritourisme, c’est une visite de notre patrimoine à travers le rhum. »
De visite, il n’en a pas été question pour les marques d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) « Martinique ». Les producteurs martiniquais qui ont fait le déplacement sont ceux qui n’ont pas l’appellation « Martinique » et choisissent parfois d’inscrire sur leurs bouteilles des origines du style « Antilles Françaises. » Lors de la table ronde "L’humain au cœur de l’écosystème rhum", un producteur de l’Ile de la Réunion déclare connaître le même souci.
Seul stand guyanais, le comptoir de Délices de Guyane est plus discret, mais vend de l’Or pailleté dans une carafe de rhum blanc. Chic et Luxe ! Bruno Lamote, directeur commercial de la Solam, qui inclut la marque, voit ce Mondial comme plateforme de rendez-vous : des fournisseurs français de bouteilles, un acheteur Brésilien, ou les importateurs roumains d’Infinity Drinks. Ce distributeur basé à Bucarest compte 300 références de rhums avec un réseau de magasins spécialisés qu’il fournit en boissons non disponibles en grandes surfaces.
Cezar Filip, le patron d’Infinity Drinks, cherche de petits producteurs de qualité, d’où ce rendez-vous avec le commercial guyanais. « La demande pour le rhum et spécialement le rhum vieux, a augmenté en Roumanie, remarque Ivana Andronic la collaboratrice de M. Filip. C'est une tendance au sein de nos nouvelles générations. » Pour la collaboration ? « C'est difficile pour nous d'envisager de l'import en provenance de Guyane Française, tranchent les Roumains. En général, il faut que le producteur ait un dépôt en Europe hexagonale. »
Bruno Lamote sort plus satisfait d’un autre rendez-vous : l’acheteur de luxe de Hong-Kong était moins regardant sur le surcoût qu’implique le transport depuis la Guyane. La prochaine étape pour Délices de Guyane et pour lui : le Salon International de l’Agriculture 2025 à Paris. Cet événement grand public sera l’occasion de faire de la vente en direct et de convaincre une cible différente de celle du Mondial du rhum : le consommateur.
Mondial du rhum : la Guadeloupe mise sur le spiritourisme
Fortement représentée à la deuxième édition du « Mondial du rhum », un rendez-vous grand public et professionnel qui se tenait à Paris cette semaine, la collectivité départementale assume un changement de cap dans sa politique patrimoniale et touristique en général.
« La canne doit servir une nouvelle stratégie et nous l'associons désormais à la promotion de notre territoire. » En quelques mots, devant un parterre d'invités représentant aussi bien les autorités étatiques que les acteurs privés du monde du rhum et des spiritueux, Guy Losbar résume l'ambition de la collectivité qu'il préside.
"Dans ce projet qui a une forte ambition en termes de souveraineté alimentaire, la canne est très importante et nous avons élaboré une nouvelle stratégie. Il s'agit, en partant du spiritourisme, de mettre en avant notre patrimoine agricole et notre richesse culturelle», poursuit Guy Losbar.
"Faire de la Guadeloupe le fer de lance du spiritourisme"
Patrick Loger, fondateur et président du « Mondial du rhum », est sur la même ligne : « Cette année, nous voulons mettre en avant les planteurs et faire de la Guadeloupe le fer de lance du spiritourisme. » Le spiritourisme – un axe de développement touristique déjà éprouvé en Martinique – consiste à faire du rhum une porte d'entrée vers la découverte du territoire par des visiteurs étrangers ou nationaux. Visite de plantations, de sites historiques et dégustations des produits : il recouvre une gamme d'activités à valeur ajoutée.
Brochures explicatives, plaquettes de promotions ou encore mise en valeurs des « moulins » ancestraux : la collectivité départementale n'a pas lésiné sur les moyens pour faire la promotion de sa nouvelle orientation.
Julien Sartre

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