« Je voulais retranscrire la précarité de la vie à Terca »
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CULTURE

« Je voulais retranscrire la précarité de la vie à Terca »

O.Z.

Le mois dernier, la pièce qu’il a mise en scène, Amomba, qui retrace la vie de Mme Payé, était jouée à Cayenne. S’il est coutumier de l’écriture théâtrale, avec Terca, chroniques clandestines, Jacques Sabatier nous fait découvrir ses talents de romancier en nous plongeant dans la réalité crue de ce qu’on nomme pudiquement « habitat informel ». Rencontre.

On vous connaît comme auteur pour le théâtre, comme metteur en scène, mais vous avez également été orpailleur…

À Paris, j’étais comédien avec la Compagnie Bernard Ortega durant 6 ans, mais en réalité je voulais être metteur en scène. En 1993, quand je suis arrivé en Guyane, j’ai rejoint mon beau-père à Saint-Elie et j’ai travaillé comme ouvrier dans l’orpaillage. J’ai fait de la prospection, je me suis occupé de la logistique. C’était un apprentissage très dur. J’ai travaillé là-bas pendant 10 ans. Quand en 2003 je suis devenu intermittent du spectacle, j’ai arrêté l’orpaillage. Ce n’était pas ce que je voulais faire, ce que je voulais être. Le bon métier, ça aurait été « trouveur d’or », moi j’étais « chercheur d’or ». Néanmoins, c’était une sacrée aventure et ça m’a permis de connaître l’orpaillage. Aussi, quand j’ai écrit pour le théâtre L’autre côté du fleuve qui se passe la veille d’une descente de police dans un camp d’orpailleurs, je sais de quoi je parle.