Frédéric Régent : « Colbert encourage la traite, la colonisation, règlemente l’esclavage mais ne crée pas le racisme »
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MÉMOIRES

Frédéric Régent : « Colbert encourage la traite, la colonisation, règlemente l’esclavage mais ne crée pas le racisme »

F.-X.G.
Frédéric Régent, maître de conférences et directeur de recherche à l’Ecole d'histoire de la Sorbonne, membre de l’Institut d'histoire moderne et contemporaine et de l’Institut d'histoire de la Révolution française.
Frédéric Régent, maître de conférences et directeur de recherche à l’Ecole d'histoire de la Sorbonne, membre de l’Institut d'histoire moderne et contemporaine et de l’Institut d'histoire de la Révolution française. • DR

 Frédéric Régent, maître de conférences et directeur de recherche à l’Ecole d'histoire de la Sorbonne, membre de l’Institut d'histoire moderne et contemporaine et de l’Institut d'histoire de la Révolution française, revient pour France-Guyane sur l'analyse à faire de trois figures historiques désormais sulfureuses : Colbert, Napoléon et Schoelcher. Avec son expertise de chercheur, il aborde pour nous les évolutions à donner au traitement mémoriel. Interview.

 
Christiane Taubira a déclaré le 23 mai dernier au sujet de la loi qui porte son nom : "On a longtemps dit que c’était une loi mémorielle mais ce n’est pas le cas puisque c’est une loi avec des dispositions normatives comme l’article 2 sur l’enseignement et la recherche." Partagez-vous son opinion ? Qu'est-ce qui en vingt ans a changé dans l'enseignement ?
Effectivement, la loi de 2001 préconise une place conséquente à l’histoire de la traite et de l’esclavage dans les programmes scolaires. Il faut noter une meilleure prise en compte dans les programmes scolaires et la recherche de l’esclavage et de la traite. Cela a commencé en 1999 avec l’adaptation des programmes en Outre-mer, puis cela s’est développé une dizaine d’années plus tard dans l’hexagone. Aujourd’hui l’histoire de l’esclavage est présente en classes de cours moyen, de 4e, de seconde et de 1re.
Le prix de thèse instauré par cette loi, notamment, a-t-il permis de notables avancées sur le terrain de la recherche en histoire ?
Les étudiants en doctorat ne se lancent pas dans une thèse en raison de l’existence d’un prix. Mais ce dernier est un révélateur de la recherche. Jusqu’en 2010, il n’y avait qu’un ou deux candidats par an. Depuis cette date, il y en a toujours plus de cinq et des fois plus de dix. La recherche a beaucoup progressé et pas seulement en histoire. Des travaux candidatent au prix en anthropologie, en droit, en histoire de l’art, en littérature, en civilisation anglophone ou hispanophone…
Peut-on considérer la création du MACTe en Guadeloupe, comme une des conséquences de ces dispositions...

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