Et Tonton Jo s'est tu
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Et Tonton Jo s'est tu

Joseph Mondésir, alias Tonton Jo © Photo : Kathryn Vulpillat

Tonton Jo interprétant "Fils d'esclave" lors de la grande nuit de la Biennale de Matoury. Le titre a été écrit en 1973 © Photo : Nubiane

Invité du groupe Dahlia, Tonton Jo raconte au public son voyage en 1973 à Paris, invité d'un grand festival avec le groupe et les Oyampis. Dans l'avion qui l'emmenait, priant Saint-Christophe tant sa peur était grande, il a alors assisté à un kasé kô improvisé durant lequel les hôtesses, auxquelles les Oyampis se sont mêlés, se sont mises à danser. Un merveilleux souvenir qui fit passer sa peur. © Photon : Nubiane

Tonton Jo avec sa cousine Marceline Mondésir © Photo : Nubiane

Tonton Jo, Josy Masse, Ralph Thamar et Gertrude Seinin © Photo : Henri Griffit

Hier, la nouvelle a circulé comme une traînée de poudre : Joseph Mondésir, connu à la scène comme à la ville sous le nom de Tonton Jo, est mort hier après-midi d'un AVC. Il avait 73 ans. Interprète de plusieurs tubes, Tonton Jo a marqué des générations de Guyanais.

Pendant trente-huit ans, il a aussi raconté les histoires et traditions guyanaises sur les ondes du service public. Il avait définitivement quitté Guyane 1ère au mois de juillet dernier. 

Né le 13 août 1942 à Saint-Laurent du Maroni, il a grandi à Cayenne, à « La Crique » plus précisement, où il résidera de nombreuses années, avant de s’installer avenue Léopold Héder en 2010.

Il débute à RFO Guyane, au début des années 1990, où il anime essentiellement la tranche de 9 h 00 à 10 h 00, les jours de semaine. Tonton Jo était parti en retraite en juin 2014.





• RÉACTIONS
Guyane 1ere a bouleversé ses programmes lundi 9 février pour lui rendre hommage.
« Artiste et animateur, chanteur, compositeur-interprète, c’est un monument de la musique et de l’âme créole moderne qui s’éteint ; une voix de crooner irremplaçable, un grain monumental et très doux qui disparaissent et nous manquent déjà », réagit Hervé Delannon, directeur de Guyane 1ere.

« Les Frères de la Crik »
Jean-yves Tarcy, rend hommage au "Grand Frère qu’il était et restera, à l’artiste, au patrimoine humain de Guyane. C'est un peu de nous qui s'éteint avec toi aujourd'hui, tant tu faisais partie de notre quotidien, à travers tes émissions radios et ta présence régulière dans le quartier du Village chinois à la Crik, lors de tes marchés et tes rencontres avec nos Gangans. Tu nous faisais vivre la vie du marché au poisson sur Guyane 1ère avec les produits de « Papa Posson ».?Tes chansons qui retraçaient l’histoire du Village chinois, pour citer quelques uns, « NEG ROT BO CRIK », « ROIS DE COLOMBO », et bien d’autres. Cela prouvait l’amour que tu avais pour ton quartier.?La plus récente et toute dernière image qu’on retient, et qu’on gardera toujours de toi, est celle où tu nous as fait une prestation gratuite, sans hésiter, pour ton quartier de cœur, à notre tournois de football en 2014 qui a réunis les habitants du Village chinois. A dieu grand frère sympas et ouverture d'esprit avec l’énergie que tu avais du haut de tes 73 ans, ce qui faisait ta différence».

MDES
"Il y a l’artiste, le chanteur, le compositeur, l’auteur dont les thèmes traduisent en musique les différents aspects de la culture et de l’histoire des habitants du Pays. Il y a aussi, nous dirons surtout, l’immense travail de ralliement et de cohésion que réalisait Tonton Jo lors de son émission quotidienne sur les Médias. Un travail de fourmis, long, patient et en profondeur. Une oeuvre commune à laquelle participaient régulièrement les faiseurs d’opinion de toute la Guyane profonde et les créateurs actifs de la mémoire d’un peuple.
Nous adressons nos condoléances attristées à sa famille et à ses proches.
Nous célébrons en même temps son oeuvre de consolidation du socle Guyanais et sommes fiers d’avoir compté parmi nous un homme d’une telle envergure.
Grémési Tonton Jo, sa ou planté a, menm asou marb, i ka lévé.
Alé ou chimen, ou fè oupa".

Chantal Berthelot
"Chanteur talentueux, animateur emblématique, il a su avec virtuosité tisser les liens entre les générations. En mettant à l’honneur les personnes âgées et la vie d’antan, il était devenu le gardien de ces mémoires parfois oubliées. Enfant de Saint-Laurent du Maroni, celui que tout le monde surnommait « Tonton Jo » était pour beaucoup la voix de la tradition sur les ondes.  De là où il nous regarde, il continuera de faire résonner le bruit du « domino » et de veiller sur les traditions de la Guyane en comptant aux anges « La Vi di nou péyi »".

Le Sénateur Georges Patient
Le Sénateur Georges Patient rend un hommage à « un monument de la chanson (créolophone) et de la culture guyanaise ».
Il salue ainsi, l’interprète de « Domino », « Aboubou », ou de « Badaw ». « Un dòkò de la culture qui a marqué des générations entières d’hommes et de femmes. Ses éclats de rires laisseront une empreinte profonde dans nos têtes et dans nos coeurs. Son extraordinaire longévité artistique force l’admiration et a fait de lui l’un des artistes guyanais les plus célébrés ». Aussi, Georges Patient rend hommage au « militant associatif très engagé en faveur de la jeunesse et de nos gangans. C’est un grand homme de coeur, d’une grande sensibilité, que la Guyane vient de perdre ».

Marie-Laure Phinéra-Horth, maire de Cayenne
« Grande personnalité guyanaise, chanteur et musicien de talent, animateur très aimé pour ses émissions radiophoniques, on se souviendra de Tonton Jo comme l’un des dépositaires de la langue créole, des traditions et des coutumes guyanaises ».

Rodolphe Alexandre, président de Région
« Le Président de Région, Rodolphe Alexandre, « salue la mémoire de cette figure unique du paysage audiovisuel guyanais ; un homme à la carrière éclectique et un artiste accompli, qui, par ses chansons, et par sa permanence sur les ondes d’RFO puis de Guyane 1re durant de si nombreuses années, aura marqué des générations entières de Guyanaises et de Guyanais ».

François Ringuet, maire de Kourou
« Grand auteur-compositeur de musique guyanaise, ce natif de Saint-Laurent-du-Maroni a su chaque matin, jusqu’à il y a peu, au micro de RFO puis de Guyane 1re nous transmettre l’histoire de la Guyane, notamment grâce aux personnes âgées auxquelles il était profondément attaché et qu’il invitait régulièrement, tout en faisant le lien avec la nouvelle génération ».

Le Sénateur Antoine Karam
« En ce dimanche de février, jour de carnaval, pour une toute dernière émission, monsieur Joseph Mondesir dit « Tonton Jo » a pris rendez-vous avec les astres. Sa musique, ses chansons, ses dolos, ses contes et légendes, ses animations à la radio, sa joie de vivre ont traversé le temps et marqué plusieurs générations. Certes, notre peine est grande mais notre tristesse est altérée car nous savons que ses mélodies continueront à bercer notre imaginaire. Pour la qualité de son oeuvre musicale, Tonton Jo doit rentrer au « Panthéon » de l’histoire de la musique guyanaise. Rendons lui l’hommage qu’il mérite à la hauteur de son immense talent ».

Gabriel Serville, député-Maire de Matoury
« C’est une icône du patrimoine guyanais qui s’en est allée mais dont le souvenir restera gravé dans nos mémoires comme celui d’un homme généreux qui aura tracé de multiple layons pour notre population ».



6 Pour cette grande nuit de la Biennale, un intermède musical local a été proposé. Tonton Jo a saisi l'occasion de remettre au goût du jour son titre Fils d'esclave écrit en 1973. (Nubiane)
Tonton Jo interprétant "Fils d'esclave" lors de la grande nuit de la Biennale de Matoury. Le titre a été écrit en 1973 • Photo : Nubiane
Invité du groupe Dahlia, Tonton Jo a saisi l'occasion de raconter au public son voyage en 1973 à Paris, invité d'un grand festival avec le groupe et les Oyampis. Dans l'avion qui l'emmenait, priant Saint-Christophe tant sa peur était grande, il a alors assisté à un kasé kô improvisé durant lequel les hôtesses, auxquelles les Oyampis se sont mêlés, se sont mises à danser. Un merveilleux souvenir qui fit passer sa peur. (NUBIANE)
Invité du groupe Dahlia, Tonton Jo raconte au public son voyage en 1973 à Paris, invité d'un grand festival avec le groupe et les Oyampis. Dans l'avion qui l'emmenait, priant Saint-Christophe tant sa peur était grande, il a alors assisté à un kasé kô improvisé durant lequel les hôtesses, auxquelles les Oyampis se sont mêlés, se sont mises à danser. Un merveilleux souvenir qui fit passer sa peur. • Photon : Nubiane
3. Belle surprise que la présence de Marceline Mondésir, cousine de Tonton Jo, qui a aussi interprété une de ses chansons. Elle a fait le voyage depuis l'Hexagone pour lui, et en a profité, après un baiser rempli d'émotion, pour lui rappeler les petites méchancetés d'enfance, dans un éclat de rire partagé avec le public. (Nubiane)
Tonton Jo avec sa cousine Marceline Mondésir • Photo : Nubiane
Tonton Jo, Josy Masse, Ralph Thamar et Gertrude Seinin, réunis sur scène (HG)
Tonton Jo, Josy Masse, Ralph Thamar et Gertrude Seinin • Photo : Henri Griffit

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