Diversement appréciée par les cavaliers, la caméra à l'intérieur du dancing plaît particulièrement aux spectateurs du village de Nana (AV)
Cette année, depuis le premier soir d'ouverture, une caméra fait intrusion chez Nana et diffuse à l'extérieur ce qui se passe à l'intérieur du dancing. Samedi dernier, un nouvel écran a été installé sur le toit. Les avis sont partagés.
Il est bel et bien fini le temps où les enfants se demandaient ce qui pouvait bien se passer derrière les portes closes des dancings. Aujourd'hui, photos et reportages télé exportent le phénomène dancing hors des murs des universités. Cette année, un nouveau cap est franchi chez Nana. Depuis le début du carnaval, une caméra filme ce qui se passe dans la salle pour une diffusion, en direct sur des écrans géants installés sur le toit. Une petite révolution. « On a fait ça pour innover » , indique Viviane Emigré qui fait partie, avec Joël Coëta, de la nouvelle équipe qui gère Nana. « C'est joli, c'est plein de couleurs, poursuit-elle. On fait ça pour le village de Nana. Il faut savoir qu'il y a des gens qui viennent devant Nana depuis des années, pour l'ambiance, pour voir passer les touloulou, mais sans rentrer dans le dancing. » Désormais, ces spectateurs du samedi soir pourront aussi voir ce qui se passe dans l'enceinte de Nana. Pour installer ces écrans, l'établissement aura bénéficié d'un « bon coup de main de la Région » . Côté pratique, il faut démonter puis remonter la chose toutes les semaines. Sinon, la toile ne résisterait pas à la pluie et au soleil.
DES CAVALIERS FILMÉS ? CERTAINS SE MÉFIENT
Samedi dernier, pour le troisième soir des écrans géants, et malgré la pluie, le public s'est déplacé pour assister à l'entrée des touloulou chez Nana. Pour Eurydice, 35 ans, « ça permet de pouvoir écouter la musique sans avoir besoin de rentrer. C'est vrai que tout le monde ne peut pas payer 15 euros pour y aller. » Josette, 62 ans, était aussi sous l'écran. « Tous les samedis, je viens là pour voir les touloulou et danser seule. Ça change les idées! Comme d'habitude, j'attends le dernier samedi pour faire ma rentrée. » Même lorsqu'elle passera de spectatrice à danseuse, Josette affirme qu'une caméra dans la salle ne la dérangera pas. « Je pense que ça peut déranger certains hommes par contre. Ceux qui disent qu'ils vont travailler alors qu'en fait ils vont danser chez Nana. Maintenant leurs femmes pourront les voir! » Mais que les dames qui souhaitent surveiller les faits et gestes de leurs compagnons dans les dancings ne se réjouissent pas trop vite. « Bien sûr, il y a quelques plans larges de la salle, indique Viviane Emigré, mais c'est surtout l'orchestre que la caméra filme. »
Ceci dit, certains cavaliers se méfient. « Moi, ça me dérange qu'on me filme... à certains moments! » lâche un homme qui file illico presto se réfugier à l'intérieur pour ne pas répondre à davantage de questions. « C'est surtout l'orchestre qui est filmé, glisse un autre, plus perspicace. Si on ne veut pas se faire filmer, on a qu'à ne pas aller danser devant l'orchestre! » Pour Jean-Yves, 48 ans, c'est clair et net : « Je ne voudrais pas qu'on me filme en train de danser. Ça peut créer des problèmes dans le couple parce qu'il y a des touloulou qui sont très chauds! »
Tout de vert vêtu, Fanny (1) scrute l'écran. « Ça fait dix ans, que je ne suis pas allée danser. Les robes sont de plus en plus sexy, il y a de moins en moins de choses à cacher! » Une fois la température ainsi prise, grâce à la caméra intra muros, le petit touloulou s'éloigne de l'écran et s'élance vers le Soleil Levant.
(1) Le prénom a été changé.
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