Migrations : le Brésil va durcir ses règles de transit
À partir de ce lundi 26 août, les personnes qui arrivent dans les aéroports brésiliens sans visa d’entrée et à destination d’autres pays devront poursuivre leur voyage ou retourner vers leurs points d’origine.
Le gouvernement brésilien va resserrer les règles pour les voyageurs en transit, afin d’éviter l’utilisation abusive des demandes d’asile.
Les nouvelles règles visent à empêcher les passagers supposément en transit d’abandonner leur vol de correspondance, pour rester à l’aéroport, et de demander l’asile pour entrer dans le pays sud-américain.
Le ministère de la Justice a déclaré dans un communiqué que la nouvelle mesure est légale et qu’elle vise à lutter contre la traite des êtres humains et à protéger l’accès au refuge pour ceux qui « manifestent effectivement leur intérêt à demander une protection internationale ».
La police fédérale a mené des enquêtes et a conclu que les organisations criminelles recommandent aux migrants, principalement originaires de pays asiatiques, de demander refuge en remplacement du visa d’entrée.
Le nombre de demandes à l’aéroport de Guarulhos (Sao Paulo), sont passées de 69 en 2013 à 4 239 en 2023 et 6 329 entre janvier et août de cette année. En outre, malgré les 8 300 demandes enregistrées au Brésil depuis 2023, seules 117 personnes ont demandé à s’inscrire au régistre national des migrations.
L’examen de cette situation a mis en lumière le contournement des lois relatives au transit et à l’asile du Brésil. Les organisations criminelles transnationales exploitent toutes les ficelles juridiques pour organiser leur juteux négoce de traite humaine. Dans un contexte de forte pression migratoire internationale, tous les pays sont en proie à ce défi. Nous exposions la semaine dernière dans nos colonnes la filière mise en place entre Haïti et le Suriname. Le rêve de la terre promise vers les pays développés, États-Unis ou Europe, génèrent des flux qui dépassent les moyens de régulation de nos structures étatiques, mais que le crime organisé sait, pour sa part, très bien exploiter. Le commerce de la misère est prolifique.
On connaît le schéma de la filière ‘’syrienne’’ : une organisation, en lien avec le crime international, propose aux publics du Moyen-Orient des vols vers l’Amérique du Sud avec Sao Paulo comme aéroport de transit. Là, les voyageurs refusent de prendre le prochain vol au prétexte de motifs personnels. Ils restent donc sur le sol brésilien.
Très vite, ils sont transportés vers Oiapoque, franchissent à pied le pont et, une fois à Saint-Georges, présentent en bonne et due forme une demande d’asile. Coût de l’opération pour les candidats à l’exil ? 3.000 USD.
On peut imaginer que, pour un temps, cette nouvelle mesure des autorités brésiliennes va mettre un frein à l’exploitation de cette filière.
Au niveau régional, les vols qui opèrent trois fois par semaine la liaison Suriname / Cuba vont peut-être également pâtir de cette mesure. L’essentiel des cubains qui voyagent vers le Suriname sont, en effet, motivés par l’idée de se présenter aux autorités d’Oiapoque pour une demande d’asile. Une fois au Brésil, ils imaginent de migrer, pour certains au Chili, mais pour beaucoup d’autres vers les États-Unis afin de rejoindre la nombreuse diaspora cubaine qui y vit.
Le communiqué des autorités du Brésil ne précise pas la situation des arrivées terrestres de migrants.

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