Le régime vénézuélien craint un coup d’État et agit “comme si la guerre était imminente”
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Le régime vénézuélien craint un coup d’État et agit “comme si la guerre était imminente”

Lu dans le Courrier International
Le Venezuela se prépare à la guerre
Le Venezuela se prépare à la guerre • SHUTTERSTOCK

Face à la pression des États-Unis, le chavisme renforce sa mainmise sur l’armée tout en entraînant des civils au combat pour qu’ils puissent servir de contre-pouvoir.

Face à la menace américaine, “le chavisme se prépare comme si la guerre était imminente”, souligne El País América .

Il faut dire que Nicolás Maduro a de quoi être inquiet. Après avoir augmenté à 50 millions de dollars la récompense offerte pour la tête du leader chaviste, accusé de narcotrafic, les États-Unis ont déployé une armada dans les Caraïbes afin de stopper le trafic de drogue en provenance de ce pays sud-américain, coulant même trois hors-bord et faisant 17 morts, rappelle Émilien Pérez dans le Courrier international.

Mais ce n’est pas ce qui préoccupe le plus Maduro, écrit la journaliste vénézuélienne Sebastiana Barráez dans le média argentin Infobae.
Le chavisme abat ses cartes. Maduro évoque la possibilité de déclarer un état d’“urgence provoquée de l’extérieur”, qui permet non seulement de restreindre les libertés individuelles face à une menace étrangère, mais aussi de cantonner l’armée.

Pendant que le numéro deux du régime, le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, équipe et entraîne au combat ses sympathisants, “non pas pour envoyer un message au président américain, Donald Trump, mais pour [renforcer] le contrôle intérieur” du pays, précise le journal en ligne vénézuélien Efecto Cocuyo.

Le mécontentement de l’armée


Pour comprendre d’où vient cette peur, il faut savoir que le Venezuela a une longue tradition de coups d’État. Le père de la révolution bolivarienne lui-même, Hugo Chávez (mort en 2013), a d’abord tenté de se frayer un chemin vers le pouvoir par les armes, en 1992, sans succès. Puis il fut lui-même victime d’un coup d’État, lors de sa présidence, vingt ans plus tard.

C’est alors que le mouvement chaviste décida de créer une “union civilo-militaire” en armant des civils et en renforçant le contre-espionnage, ce qui lui a permis de conserver le pouvoir par la force, malgré une décennie durant laquelle le pays a été plongé dans une grave crise économique.

 

 

Telesur, la plus grande chaîne financée par l’État vénézuélien, a même dû démentir dans un article les rumeurs à propos de la désertion de deux hauts gradés de l’armée : le général d’aviation Suárez Caballero et le général de brigade Bitner Villegas, accusés par un ancien fonctionnaire américain d’avoir voulu retourner leurs vestes.

Et le mécontentement de l’armée, évident lors de la réélection de Maduro, en 2024, entachée d’accusations de fraudes, n’est pas le seul à prendre en compte. En effet, dans l’espoir d’atténuer la pression américaine, le gouvernement a annoncé avoir saisi des tonnes de cocaïne en provenance de la Colombie voisine. Ce qui laisse penser qu’à l’intérieur même de son premier cercle, “il doit y avoir des narcos qui perdent beaucoup d’argent et qui seraient tentés de livrer Maduro et les autres personnes recherchées, entraînant ainsi la chute du régime”, estime Infobae.

 

 

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