Tribune : Pas d'état civil à Maripasoula, une rupture grave de l'égalité républicaine
Depuis plusieurs années, les habitants de Maripasoula sont privés d'un service essentiel : celui de l'état civil. Cette défaillance chronique contraint les administrés à se rendre à Cayenne, la capitale régionale, pour effectuer des démarches aussi fondamentales que la demande ou le renouvellement de pièces d'identité officielles, telles que la carte nationale d'identité ou le passeport.
Cette situation est non seulement anormale, mais profondément injuste.
Elle engendre des coûts financiers importants pour les familles, qui doivent parfois se déplacer avec leurs enfants, uniquement pour déposer un dossier. Ces déplacements impliquent des frais de transport, d'hébergement, des absences scolaires et professionnelles - un véritable fardeau pour des citoyens qui ne demandent qu'à exercer leurs droits.
Un sentiment d'abandon
À Maripasoula, commune isolée mais densément peuplée, cette carence de service public renforce un sentiment d'abandon.
Elle illustre, une fois de plus, les inégalités territoriales profondes que subit l'intérieur de la Guyane.
Nous, citoyennes et citoyens de Maripasoula, dénonçons cette situation avec fermeté.
Nous exigeons :
Le rétablissement immédiat d'un service d'état civil pleinement fonctionnel au sein de la commune ;
L'affectation durable de personnels qualifiés pour assurer l'accueil et le traitement des démarches administratives ;
La mise en place de solutions transitoires (équipes mobiles, guichets temporaires) pour répondre aux besoins urgents des administrés.
Nous refusons que Maripasoula demeure une commune privée d'accès aux services publics les plus élémentaires.
Le droit à l'identité, à l'existence administrative, au service public de proximité : ces droits doivent être respectés, ici comme ailleurs. Trop, c'est trop.
Citoyennes et citoyens de Maripasoula, il est temps d'être entendus.
Après des années de silence institutionnel, les citoyens ont le droit à des explications claires, à un calendrier précis de rétablissement du service, et à la transparence sur les moyens mobilisés. Une réponse publique est attendue, non seulement par devoir de responsabilité, mais aussi par respect envers les habitantes et habitants de Maripasoula.

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