Jean-Victor Castor : « Ce projet symbolise la reconduction du bagne »
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
Quartier de haute sécurité

Jean-Victor Castor : " Ce projet symbolise la reconduction du bagne "

Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
David Barjon, directeur général de l'APIJ, présente les plans de la future cité judiciaire à Gérald Darmanin et Mickle Papayo, premier adjoint de Saint-Laurent du Maroni, lors de son déplacement en mai 2025.
David Barjon, directeur général de l'APIJ, présente les plans de la future cité judiciaire à Gérald Darmanin et Mickle Papayo, premier adjoint de Saint-Laurent du Maroni, lors de son déplacement en mai 2025. • AP

Le député Jean-Victor Castor demande au Premier ministre d'abandonner le projet prévu à Saint-Laurent-du-Maroni.

Le député Jean-Victor Castor a adressé, lundi 13 octobre, une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu pour dénoncer le projet de quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) prévu dans la future prison de Saint-Laurent-du-Maroni.

Cette nouvelle prise de position intervient au lendemain du reportage diffusé dans l'émission Zone Interdite (M6), sur le sujet. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a confirmé la création de ce dispositif en Guyane, malgré les protestations locales, dans un courrier aux agents de la place Vendôme, ce lundi.

 

 

" Ce projet symbolise la reconduction du bagne ", écrit le député, pour qui l'implantation d'un tel quartier revient à raviver une blessure historique et à entretenir une vision dégradante du territoire.

 

 

" La Guyane a déjà trop souffert de cette histoire et du stigmate qui lui colle encore à la peau. Installer un quartier de haute sécurité ici, c'est renforcer cette image d'une terre d'enfermement et de relégation ", poursuit-il.

Une logique de relégation dénoncée

Dans son courrier, Jean-Victor Castor déplore une décision imposée depuis Paris, sans concertation avec les élus et la population de l'Ouest. Selon lui, ce projet traduit une logique de relégation, qui prolonge la vision coloniale d'un territoire “à part”.

L'élu du Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale (MDES) estime que la Guyane ne peut être " une variable d'ajustement de la politique pénitentiaire nationale ".

 

 

Pour le député, l'implantation d'un quartier de haute sécurité à Saint-Laurent-du-Maroni risque au contraire d'aggraver les tensions existantes en y attirant " des profils extrêmement dangereux d'une région sud-américaine base de cartels et de factions criminelles du narcotrafic ". Il plaide pour une approche globale de la sécurité, fondée sur la prévention, la formation et la justice de proximité.

" Je vous demande de rejeter sans ambiguïté la décision de maintenir la création d'un tel quartier en Guyane ", conclut Jean-Victor Castor.

Les différentes interpellations des parlementaires depuis l'annonce de mai 2025 sont restées lettres mortes.

 

 

 

 

 

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger