Invasion d'algues sargasses sur le littoral
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Invasion d'algues sargasses sur le littoral

Damien LANSADE
(DL)
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Depuis la fin du mois d avril, les plages se recouvrent peu à peu d'un tapis d'algues, les sargasses, des algues dérivantes qui proviennent de l'Atlantique nord. Une modification des courants marins, due aux faibles précipitations, les pousserait à s'échouer sur les côtes des Guyanes.

Sur la plage des Salines, peu de baigneurs pour un matin de jour férié.
Seul un irréductible est venu jeter sa ligne, espérant ferrer quelques poissons parmi les algues. Même les promeneurs sont vite découragés par l'odeur du tapis brun qui recouvre la plage.
Les petites boules dont sont munies les sargasses leur servent de flotteurs, pour dériver au gré des courants marins, sans jamais s'enraciner. Et ce sont ces flotteurs qui, lorsque les algues meurent, dégagent un gaz à l'odeur caractéristique d'oeuf pourri, le sulfure d'hydrogène.
Les sargasses ne présentent pas de danger pour l'homme, la concentration en sulfure d'hydrogène étant trop faible pour être toxique. Mieux vaut toutefois éviter de les manipuler ou de trop marcher dessus, puisque c'est en éclatant que les flotteurs dégagent le gaz à l'origine de l'odeur.
La Sargasse sargassum est une algue pélagique, c'est-à-dire qu'elle vit en haute mer, au large de la Floride, dans la mer des Sargasses à qui l'algue a donné son nom. Un courant circulaire maintient normalement les bancs d'algues flottantes à l'intérieur de cette zone. Pourtant, depuis bientôt un mois, les sargasses viennent s'échouer sur les côtes guyanaises.
LE BEAU TEMPS RESPONSABLE
Pour Amandine Bordin, chargée de mission milieu marin au Gepog et à la réserve naturelle du Grand-Connétable, le beau temps pourrait bien être responsable de l'invasion. Pendant la saison des pluies, la zone intertropicale de convergence agit normalement comme un rempart, en repoussant les algues vers le nord. Mais cette année, le petit été de mars semble durer et la ZIC reste au sud de la Guyane.
Le phénomène s'inscrit dans un désordre courantologique plus large. Ces derniers temps, autour de l'île du Grand-Connétable, Amandine Bordin a relevé la présence inhabituelle de plusieurs espèces d'oiseaux, probablement désorientés par des tempêtes au large. Avec une certaine réserve, la chargée de mission met en cause le réchauffement climatique, qui modifie la dynamique des courants marins, ou une possible pollution de l'eau dans l'Atlantique nord.
Les plages Cayenne et de Montjoly sont recouvertes par un tapis d'algues (DL)
Les plages Cayenne et de Montjoly sont recouvertes par un tapis d'algues (DL)
L'INVASION CONTINUE
Lors d'une sortie en mer, l'Ifremer a pu observer d'autres bancs de sargasses dérivants vers les côtes. Le phénomène semble donc parti pour se poursuivre encore quelque temps. « Mais cela ne devrait pas durer trop longtemps » , rassure Amandine Bordin.
Jusqu'à maintenant, les tortues ne paraissent pas avoir été affectées par la présence d'algues sur les plages. Plusieurs luths ont été observées traversant sans mal le tapis d'algues pour aller pondre. Mais si les sargasses continuent à s'accumuler, elles pourraient bientôt former un mur difficile à franchir, et mettre en péril la ponte des tortues.
Le scénario martiniquais
En avril 2011, la Martinique s'était vue envahir par les mêmes algues. Pendant plusieurs mois, les sargasses s'étaient accumulées sur les plages et dans les baies, jusqu'à rendre la baignade impossible. La pêche et le tourisme en avaient alors gravement pâti. Devant l'ampleur de l'invasion, les municipalités s'étaient vues contraintes de déblayer les plages à l'aide de camions.

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