Tooy et Norma sortent un album de zouk bushinengue
À 35 ans, Tooy n’est pas un nouveau venu dans la musique. Il vient de sortir un album commun avec la Surinamaise Norma, dans lequel le duo crée un nouveau style : le zouk bushinengue.
La musique commence en Martinique pour Tooy. Léon Tooy de son vrai nom se destinait alors à l’athlétisme. Champion de Guyane de 1 000 mètres, il part dans sa jeunesse s’installer dans l’île voisine pour s’y consacrer. Mais c’est dans une autre discipline qu’il s’accomplira finalement : la musique. Il intègre ainsi plusieurs groupes au cours de ses quinze ans passés dans l’île (Étoile du sud, Compas du sud...).
Après un retour au pays, Tooy sort son premier titre en 2009 : Combita, qui rend hommage au footballeur Florent Malouda.
On découvre alors le chanteur dans un style particulier : le zouk décalé, variante de la musique ivoirienne coupé-décalé, qui a connu un fort succès en France dans les années 2000. La particularité de Tooy étant qu’il chante à la fois en bushinengue tongo, en créole et en français. Tooy sortira ainsi plusieurs singles qui passeront plus ou moins inaperçus mais qui lui assureront tout de même d’être invité sur nombre de podiums. En 2015, il sort le zouk compas Voisin-voisine.
Tooy rencontre la chanteuse surinamaise Norma l’année dernière. Cette dernière est alors de tous les plateaux guyanais grâce à son tube Moni baté. Les deux se lient d’amitié et envisagent rapidement un album commun. « On a tenu a mélanger les sonorités créole et bushinengue pour faire quelque chose qui sorte vraiment de l’ordinaire », commente Tooy.
Son premier extrait est le titre Switi kwaka (bon couac, en bushinengue tongo), dont le clip a été tourné entre Apatou et Maïman. Tooy y raconte la vie de l’abattis et défend les agriculteurs à travers ce titre. « Aujourd’hui, beaucoup de gens se plaignent du prix du couac sur le marché, commente Tooy Mais ils ne savent pas tout le travail qu’il y a derrière. Cultiver le couac n’est pas quelque chose de facile, surtout de manière artisanale : il faut planter, arracher, grager, faire sécher, passer à la platine… Le morceau parle de ça : soyons fiers de notre couac, car c’est un produit reconnu mondialement ».
Tooy avec son piano à bandoulière continue la promotion de son album. Il était ainsi récemment invité au festival de la commune de Mangoe, au Suriname.
Tooy & Norma : album disponible à la maison du compas (rue Lieutenant Goinet, Cayenne) et au 0694 92 36 99

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