Débrouya, film 100% guyanais, sort en salle vendredi
96 acteurs, 90 minutes et un budget de 515 000 euros. Voici quelques chiffres de Débrouya, le long-métrage de Tawara production. À découvrir sur les écrans de l'Agora dès ce vendredi, en même temps que la Martinique et la Guadeloupe... Thaïzen Ringuet, réalisateur du film, répond à nos questions.
L'histoire de Débrouya ressemble étrangement à une réalité guyanaise. Ici, la réalité se confond avec la fiction, le cinéma n'est donc plus un rêve ?
Débrouya est une histoire qui permet - aussi - de rêver. Dans le film, il y a des belles choses qui se passent et qui donnent envie de croire en l'humanité, en l'humain, en la communauté guyanaise. Concernant la réalité guyanaise, à travers ce film, nous sommes dans une dynamique de partage. Pour nous, le cinéma permet de découvrir notre univers, notre monde, notre manière de vivre les choses et de les appréhender. Tout simplement...
Avec la sortie de Débrouya, vous montrez qu'il est possible de tourner un film de 90 minutes avec des acteurs 100% guyanais...
En effet, notre film peut inspirer les Guyanais. On peut - enfin - se dire qu'il y a une possibilité de faire du cinéma en Guyane, de raconter des (nos) histoires, devenir acteur, réalisateur, scénariste, etc.
Dans vos réalisations, l'identité guyanaise n'est jamais très loin…
Tout à fait, j'aime mettre en avant nos comportements guyanais. Plus particulièrement dans ce film où je cherche à montrer - à travers des histoires qui peuvent se passer n'importe où dans le monde- l'authenticité de la Guyane dans sa diversité culturelle, mais aussi dans son comportement, dans sa manière de parler. J'ai la volonté de présenter le(s) Guyanais tels qu'il est ou ils sont pour qu'il(s) puisse(nt) s'identifier et se sentir plus à l'aise dans notre (leur) culture.
La notion d'identité semble importante dans vos films...
Me connaître et connaitre ma culture m'a aidé à m'accepter. Si je suis une personne à l'aise dans sa peau et dans son cursus, c'est parce que j'ai appris à identifier qui j'étais, d'où je venais et où je voulais aller. J'ai l'impression que certaines personnes se sentent mal à l'aise dans leur choix de vie, parce qu'il y a un manque d'identité et d'acceptation de soi. Dans mes films, j'essaie de faire comprendre que nous sommes tous pareils et... en même temps tous différents. Cette différence, nous devons l'accepter, car c'est elle qui nous donne notre force et notre originalité...
Quel accueil a reçu Débrouya ?
Lors des séances de projections privées avec les acteurs, les techniciens et leurs familles, beaucoup nous disaient : en regardant Débrouya, on a vraiment la sensation d'être au cinéma ! Cette réflexion nous semblait bizarre. On se disait : mais ils sortent d'une salle de cinéma ! Finalement, nous avons été flattés, car c'est très évocateur. Les spectateurs nous disaient en fait que nous avions réussi le pari du cinéma !
Alors, nous espérons que le grand public osera se rendre en salle pour découvrir un film qui nous (lui) ressemble, même si on sait le public antillo-guyanais craintif et perplexe lorsque l'on parle de cinéma local...
3 bonnes raisons d'aller voir Débrouya
Selon Hector Pindard et Thaïzen Ringuet, les réalisateurs :
1- Avant tout, c'est un très bon divertissement. Regardez notre film, c'est comme regarder tout autre film, on passe un bon moment à suivre et vivre une histoire qui nous transporte et nous fait passer par plusieurs émotions.
2- Ensuite, je dirai que c'est un film qui amène de belles réflexions et auss
3- Enfin, je dirai pour soutenir des projets représentatifs de nos communautés et nos histoires. Nous n'avons pas souvent la chance de voir des films avec des hommes et des femmes qui nous ressemblent, qui ont nos façons de parler, de marcher ou de tchiper ! Lol...
INFO+ DEBROUYA
Débrouya
Durée : 1h 32min - Thriller
De : Thaizen Ringuet et Hector Pindard
Avec : Adams M'Backé, Emmanuella Laloi, Philippine Château
A découvrir à Madiana dès vendredi 5 juillet
Synopsis
Tyler, jeune guyanais, vivant dans la précarité aux côtés de ses deux sœurs et de sa mère, assiste à une arrestation dans son quartier. Il hérite d'un sac au contenu suspect juste avant que sa mère lui annonce que son état de santé se dégrade et que seule une opération onéreuse pourrait la sauver du pire.
Impuissant face à l'adversité qui ne cesse de s'acharner contre lui, Tyler se résout à commettre l'irréparable. Parviendra
Tawara production,
Tawara production, c'est six ans d'existence, deux longs métrages, sept courts-métrages et une trentaine de vidéos.
Dans le futur, la structure souhaiterait créer un studio de cinéma qui permettrait de produire des SITCOM de manière régulière. Une manière de valoriser la manière d'être des Guyanais.

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