TUNIS, le refuge oublié
Démissionnaire de son poste à l’hôpital de Blida-Joinville, en Algérie, Fanon parvient clandestinement à rejoindre Tunis, en 1957, d’où il continuera son engagement pour l’émancipation du peuple algérien, l’amélioration de la prise en charge psychiatrique et à théoriser sa pensée.
De cette rencontre avec Frantz Fanon, un après-midi, dans un appartement d’El Menzah, un des faubourgs de Tunis, Claude Lanzmann s’est toujours souvenu de la « nudité absolue de l’appartement, la nudité des murs, pas un meuble, pas un lit, rien. » De ce Fanon-là, Lanzmann - à l’époque membre du Comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes, et, surtout, envoyé spécial de Jean-Paul Sartre - gardera à tout jamais le souvenir de ses yeux « très intenses, noirs de fièvre ». Un homme « allongé sur une sorte de grabat, un matelas posé à même le sol ». Autre observation : il « souffrait énormément », durement malmené par une forme aiguë de leucémie. Nous étions au début de l’année 1961. Dans d’autres lieux, et dans d’autres conditions, Lanzmann et Fanon eurent...

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