Dix ans après le vote de la loi faisant de
l'esclavage et de la traite des crimes contre l'humanité,
qu'estimez-vous que ça a apporté à la France ?
Ce qui est acquis, c'est le respect de
l'article 2 sur l'enseignement scolaire. On le voit bien à travers
les deux rapports annuels qui sont produits par les études
nationales de recherche pédagogique et le Comité pour la mémoire et
l'histoire de l'esclavage. Ces rapports montrent bien qu'au niveau
des collèges et des lycées, les programmes scolaires se sont
enrichis de cette histoire en l'abordant sous des angles
différents. Cette histoire est de mieux en mieux enseignée. Ma
deuxième satisfaction est que de plus en plus d'élus locaux, dans
de très nombreuses villes ou départements, prennent des initiatives
et font un travail sur le terrain. Il y une inscription dans
l'espace public, des baptêmes de rue, des manifestations, des
revues, des événements avec des associations...
Cela permet-il de dire que la France a pris
la mesure de sa part dans l'histoire de la traite et de l'esclavage
?
La France l'a prise dans la mesure où la
loi qu'on appelle loi Taubira est une loi de la République. Elle
confère un certain nombre d'obligations pour les autorités
officielles. Alors, on a observé évidemment que les deux dernières
années, le président de la République avait disparu. Semble-t-il
qu'il doive réapparaître ce jour... C'est tant mieux, mais en tout
cas, c'est bien la loi qui crée cette date de commémoration
nationale et cela veut dire que les plus hautes institutions de la
République en ont pris acte.
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