Une palette d'artistes caribéens à l’Orangerie du palais du Luxembourg
Le vernissage de l’exposition Outre-mer art contemporain de la fondation Clément a eu lieu jeudi soir à l’Orangerie du palais du Luxembourg en présence du président du Sénat. Bernard Hayot avait convié des galeristes et collectionneurs parisiens parmi lesquels François Pinault, première fortune de France.
Les 22 artistes exposés sont assez bien connus dans leurs outre-mer, mais absolument pas ou fort peu en France hexagonale. Non pas qu’ils ne valent rien, mais sur le marché international de l’art contemporain ils n’ont pas de cote, de l’aveu même de Simon N’Jami, commissaire de l’exposition 3x3 (Bruno Pédurand, Ernest Breleur et David Damoison) de la fondation Clément, interrogé sur ces artistes ultramarins il y a un an. La fondation Clément s’est inscrite dans une démarche qui vise résolument le marché de l’art. Elle s’est créée un réseau de galeristes et de collectionneurs d’art contemporain. Il ne lui restait qu’à frapper un grand coup.
Tran Arnault, qui a dirigé la revue d’art, Cimaise, est la commissaire de l’exposition OMA. La palette d’artistes s’élargit avec des Caribéens (Thierry Alet, Jean-François Manicom, Nicolas Nabajoth, Cynthia phibel, Michel Rovélas, Philippe Thomarel, Christian Bertin, Rodrigue Glombard, Serge Hélénon, Louis laouchez, Raymond Médélice et Luz Severino), des Guyanais (Mirto Linquet et Thierry tian-sio-Po) ou des Réunionnais (François-louis Athénas, Jack Beng-Thi, Thierry Fontaine, Stéphanie Hoareau, Jean-Claude Jolet et yohann Queland de Saint-Pern).
Marché de l’art international
La fondation Clément suit certain d’entre eux depuis 1990. « Nous avons la chance d’avoir des artistes talentueux. Or ils ont beaucoup de mal à faire connaître leurs œuvres au-delà des frontières de leurs origines. Ils souffrent de l’éloignement et de l’étroitesse de leurs territoires », a indiqué Bernard Hayot. 101 œuvres (sculptures, peintures, photographies, installations, vidéos) ont été déployées dans l’Orangerie par Jeanne Dumont, scénographe passée chez Louis Vuitton. Pour autant, pas question, pour Tran Arnault, de parler d’une école Clément ou d’un mouvement ultramarin : « OMA entend se garder de toute connotation exotique instaurée sur le registre d’un imaginaire tropical. » Très souvent, ces artistes ne se connaissent pas entre eux. Chacun a sa trajectoire mais une sensibilité, une environnement, une perception, une approche différents mais un même questionnement et l’expression. « Il n’y a pas un type d’art et d’où qu’il vienne, il reste un art », abonde le photographe guyanais Mirto Linquet qui estime que « la Fondation Clément remet les pendules à l’heure ».
François Pinault est resté le temps de la visite des officiels (trainant derrière eux 900 happy few). Après son départ, certains assuraient sa volonté d’acquérir quelque pièce. « S’il en prend une, il crée une cote », reconnaît Ernest Breleur. Mais le Martiniquais ne s’en préoccupe pas : « Mes œuvres exposées sont collection privée. Elles sont déjà vendues ! »

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters