Pour la deuxième fois, Tamango présentera son travail au public guyanais et pas n'importe lequel : son premier « vrai spectacle en solo » , Trois Rivières, fruit de ce qu'il est, un être qui s'est construit à partir de trois « naissances » , de trois cultures, une en Guyane, une à Paris et une autre à New York (OC)
Ewlyne Guillaume, de Ks and Co : « Si on veut que le festival soit plus attractif pour le public et les artistes, il faut développer les infrastructures » . (OC)
Peggy Pettit "Voyage"
Les Seketi Mujer "Chants et danses pour les grands moments de la vie"
Cie Ephéméride et Jeunes Plumes "La séparation des Songes"
Cie Ks ad Co, "Kaïdara"
Tamango H Van Cayseele Stanislas - Cie Urban Tap - INVITE EN RÉSIDENCE DE CREATION
Le Labo Théâtre, "Le temps d'aimer"
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Tandis que la presse américaine ne cesse de chanter les louanges du danseur guyanais Tamango, ce dernier reste peu connu dans son propre pays. À l'occasion de cette 5e édition des Tréteaux du Maroni, il présentera son tout premier spectacle en solo, Trois Rivières.
« Tamango, the French Guianese tap dancer... » . Ainsi commence un article du New York Times de 2007, qui faisait une critique élogieuse du spectacle Bay Mo Dilo que Tamango avait créé avec sa compagnie Urban Tap. Le quotidien new yorkais évoque ainsi des « typical scenes from Guadeloupe and French Guiana » et « Léon Gontrand Damas, the French Guianese poet » , dont le visage apparaît dans le show. Peu connu chez lui, Tamango ne manque pourtant pas une occasion, par son art, d'embarquer le spectateur pour un voyage non seulement dans les contrées qui l'ont vu naître, mais aussi dans l'histoire, celle de l'esclavage, période pendant laquelle est né le tap dance (ou claquettes). Mais pour cette cinquième édition du festival Les Tréteaux du Maroni, édition un peu particulière qui porte le nom de Rencontres du bout des mondes (lire par ailleurs), le danseur présentera son tout premier spectacle solo et intimiste Trois Rivières.
Né à Cayenne le 29 janvier 1965, Tamango H. Van Cayseele quitte la Guyane à l'âge de 9 ans pour retrouver son père adoptif à Paris. Les relations étant difficiles, il quitte la maison définitivement à 18 ans. C'est pourtant ce père qui lui fera découvrir les claquettes. À peine âgé de 20 ans, il intègre l'American center avec la danseuse Sarah Petronio, et les Beaux-arts à Paris. Les claquettes ont été pour lui une véritable découverte. « Je n'étais plus le même. J'avais trouvé mon langage » , explique-t-il, dans un sourire.
Après avoir tourné un peu partout en Europe (Espagne, Suisse, Allemagne, Angleterre...), lui et son groupe décident de partir pour la Big Apple. Une décision prise au hasard : « On a joué à pile ou face Rio ou New York » . Le voilà parti pour l'Amérique du Nord : « Là, je suis vraiment rentré dans le monde du tap dance. Ce n'est pas qu'une danse, c'est une culture, une mentalité, un mental » . Aux États-Unis, il découvrira aussi ce qui deviendra sa troisième culture, après la Guyane et l'Hexagone. Trois étapes de sa vie qui ont été autant « de renaissances » , tant les bouleversements, notamment émotionnels, ont été à chaque fois importants. Mais aujourd'hui, ces trois « parties » sont en lui, le constituent intégralement et lui ont inspiré son tout premier spectacle solo, un triptyque, Trois Rivières.
Ewlyne Guillaume, de Ks and Co : « Si on veut que le festival soit plus attractif pour le public et les artistes, il faut développer les infrastructures » . (OC)
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Il est à noter que Tamango a travaillé avec les plus grands, qu'il s'agisse de danseurs, tels que le japonais Min Tanaka (également chorégraphe) au prestigieux Opéra de Paris, ou encore le légendaire Jimmy Slyde, mais aussi Chuck Green et Gregory Hines (liste non exhaustive), ou qu'il s'agisse de musiciens comme Bobby McFerrin, Chucho Valdes, musicien cubain désigné par Jazz Magazine comme « le pianiste le plus complet au monde » , le percussionniste portoricain Giovanni Hidalgo ou encore le saxophoniste David Murray, pour ne citer qu'eux. Tamango a également travaillé avec le chorégraphe français Philippe Decouflé qui a mis en scène la cérémonie d'ouverture des JO d'Albertville, à laquelle il a participé.
- Une cinquième édition étalée
Cette année, les Tréteaux du Maroni se dérouleront sur trois semaines, du 9 au 30 avril. Intitulée Rencontres du bout des mondes, cette édition 2011 sera placée sous le thème de « L'art et le sacré » .
Souhaitant offrir un meilleur accueil et du public, et des artistes, Ks and Co, organisatrice du festival les Tréteaux du Maroni, s'est lancée dans un chantier de restructuration. « On vise l'excellence, assume ainsi Ewlyne Guillaume, co-directrice de la compagnie saint-laurentaine. On veut pouvoir accueillir des spectacles qui demandent une technique un peu plus poussée ou un espace plus ouvert. Si on veut que le festival soit plus attractif pour le public et les artistes, il faut développer les infrastructures » . Ce souhait de développement, combiné à un calendrier serré avec le festival des cultures urbaines, a eu pour conséquence d'étaler les spectacles sur trois semaines. Avec, toutefois, la volonté de conserver une dernière semaine particulièrement intense qui se clôturera par un concert.
Placée sous la thématique de l'art et du sacré, cette cinquième édition, dont le budget s'élève autour des 80 000 euros, accueillera également la chanteuse américaine de gospel Peggy Petitt Tissier, et Energia Pura, qui fera des démonstrations de capoeira. La compagnie organisatrice présentera également sa nouvelle création Kaïdara, récit initiatique africain.
Si les Tréteaux sont traditionnellement organisés sur une semaine, forme qu'ils devraient reprendre en 2012, c'est pour pouvoir garder les artistes durant tout le festival et permettre ainsi les échanges. Bien qu'étalées cette année, ces Rencontres du bout des mondes pourront tout de même avoir lieu, notamment par la présence de deux invités en résidence : le Guyanais Tamango, déjà arrivé dans la capitale de l'Ouest (lire ci-dessus) et le groupe surinamais Seketi Mujer, qui partagera avec la population, au gré de ses pérégrinations dans la ville, des chants polyphoniques. Des rencontres possibles également par la mise en place cette année d'apéritifs ouverts au public tous les samedis soir. Le premier, qui lancera ainsi les festivités ce samedi à partir de 20 heures, aura comme invité Tamango. Ce dernier devrait assurer une petite prestation avec le jeune groupe de hip-hop Crazy crew. Une rencontre sera aussi orchestrée lors d'une conférence-débat le jeudi 28 avril à 18 heures sur « Le théâtre dans la cité » , dans le cadre des jeudis du patrimoine. « Ce seront des rencontres à tiroirs » , conclut en souriant Ewlyne Guillaume.
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