Record d’affluence au festival bèlè et gwoka de Sarcelles
Dimanche, environ 1300 personnes se sont précipitées sous le chapiteau des Champs de foire à Sarcelles (95) pour assister à la troisième édition du festival des musiques traditionnelles des Antilles, bèlè et gwoka. Il faut dire que le plateau annoncé était de qualité.
Deux groupes de la région étaient là pour accompagner les artistes : « Fuzion bel ka », pour le bèlè, et le groupe « Yonnalot », pour le gwoka. Sur la scène, Lowi 6 et Bertho, Toly Reno et Serge Jupiter, Fortuna Grivalliers, venue de Sainte-Marie en Martinique, ont interprété les classiques de Ti-Raoul et Jean-Philippe Grivalliers. Présents eux aussi, les ex-chanteurs du groupe Akiyo, dont Jean-Pierre Coquerel, une des plus belles voix du gwoka. « C’est un plaisir, s’est exprimé ce dernier, on est un peu loin de la Guadeloupe, mais il faut emmener la culture là il où il se doit. Ici, les deux cultures sont mélangées et moi, j’aime bien ça, le bélè d’un coté et le gwoka de l’autre. Il manque la Guyane ! » François Ladrezeau, le tambouyé de Lapwent était là aussi : « C’est un mélange de culture et la culture est primordiale pour un peuple. » De même, le petit prince de la biguine, Rony Théophile avait fait le déplacement, il a fait admirer ses pas chaloupés du swing créole. Seul manquait à l’appel le maitre ka, Yvon Anzala, malade, à qui son médecin a déconseillé de prendre l’avion, ont indiqué les organisateurs. Fortuna, la grande chanteuse de Bèlè, a vécu une surprise de taille quand elle a entendu le public reprendre en cœur sa nouvelle chanson qui fait fureur de l’autre coté de l’Atlantique : « Cocotte là crévé. » Elle a imposé son style et le public adhère. Son titre préféré : Vers la montagne de Ti Raoul…
La musique, le chant, la danse, le son du gwoka et du Ti-bwa ont donc vibré sous le chapiteau des Champs de foire, faisant oublier les travaux gigantesques qui rendent le déplacement si difficile au cœur de la ville pour arriver du tramway. Devant un telle foule, le député maire de Sarcelle, François Puponi, est sorti de son repos dominical et est venu saluer le public. « Sarcelles est redevenue cette grande ville des Antilles. C’était mon souhait depuis quinze ans, que les Antillais reviennent faire la fête chez nous ! Je préfère voir les gens faire la fête, surtout dans les moments difficiles que nous traversons avec la situation économique… » Y a pas de mal à faire campagne devant une foule enthousiaste et chaleureuse…
L’émotion se lisait dans les yeux de l’animateur d’Espace FM, Mike Rotzen, originaire de Sainte-Marie en Martinique. « J’ai remis les pendules à l’heure car il fallait que je débarque à Paris pour prendre conscience de l’importance de la culture dans la vie des hommes qui m’entouraient au pays, surtout dans ma commune… »
Chez les Antillais éloignés de leur terre natale, le besoin de culture est une demande forte. Un simple constat, depuis quelques années : le nombre croissant d’associations qui proposent des cours de danse traditionnelle… Pour mieux comprendre ce phénomène, la ville de Paris organise un colloque, le 21 octobre à l’auditorium de l’hôtel de Ville, intitulé : « L’histoire et la contemporanéité des expressions bèlè et gwoka », avec des spécialistes venus des îles. C’est peut-être nécessaire en temps de crise…

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