C'est dans sa langue maternelle,
l'espagnol, que Roger, 35 ans, fait le guide dans les couloirs de
l'Afpa, l'Association pour la formation professionnelle des
adultes. Les murs défraîchis, les herbes hautes dans lesquelles se
cache un vélo d'enfant ici, un « ventilo » désossé par là,
démontrent l'état d'abandon des bâtiments de l'Afpa, à Cayenne.
Dans deux d'entre eux, les plafonds montrent d'énormes signes de
fatigue, alors que les fenêtres et portes ont été murées depuis
longtemps.
« Personne n'habite là » , annonce Roger,
s'enfonçant dans cette cour qui a vu passer des générations de
Guyanais en quête de formation. Désormais, les lieux sont livrés à
des familles péruviennes et colombiennes.
Roger, lui-même, est arrivé en Guyane il y
a quinze mois en provenance du Pérou. Il exhibe son récépissé de
demande d'asile. Beaucoup de résidants de l'Afpa disposeraient de
ce document, sorte de sésame sur le territoire guyanais. Une
vingtaine de familles partagent ainsi le dernier bâtiment encore «
habitable » , même s'il est privé d'eau courante. Une vieille
télévision crache un son inaudible dans la minuscule chambre de
Roger, d'où se dégage une chaleur infernale. Un petit « ventilo »
tourne inlassablement, sans parvenir à baisser la
température.
Roger, lui, ne s'en plaint pas, car
l'électricité comme le logement sont à titre « gracieux...
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